Jean-Luc Collignon

Jean-Luc Collignon

Un enfant de Sainte-Vaubourg (08) devient évêque de Châlons

Capture panneau.JPG

Capture ste v1.JPG

 

Des origines plébéiennes

 

Jules Lefranc, l'historien Vaubourgien (1869 - 1953) aimait évoquer la personnalité de celui qu'il considérait comme «le plus illustre des enfants du village» : Jean-Honoré Bara est né à Sainte-Vaubourg (Ardennes) le 4 juin 1798 (15 Prairial An VI du calendrier républicain).

Le village, proche d'Attigny, est aujourd'hui modeste avec ses 84 habitants (recensement 2014), mais au lendemain de la Révolution, il comptait quelques 210 âmes.

L'acte d'état civil des naissances, consultable sur le site des Archives départementales cg08, indique que le père, Jean Rigobert Bara, âgé de 36 ans, est marchand et que la mère se nomme Marguerite Collignon.

 

Bara acte naissance 1.jpg

Bara acte naissance 2.jpg

 

Copie de l'acte de naissance de Jean Honoré Bara

 

Le jeune Jean Honoré fréquente l'école du village décrite par J. Lefranc ainsi :

- en 1796 le maître d'école est Guillaume Collignon.

Le relevé des notes payées à cet instituteur sont suggestives. Celle du 19 thermidor An VII (6 août 1799) se résume ainsi :

-Rémi : 2 mois ½ à 20 sous l'un : 2 livres 10 sous

-Nicolas : 4 mois ½ : 4 livres 10 sous

-Jean-Baptiste : 4 mois ½ à 10 sous : 2 livres 5 sous

-Marguerite : 3 mois à 10 sous et 1 mois à 20 sous : 3 livres

Soit un total de 12 livres et 5 sous.

Ces enfants avaient alors respectivement 12, 11, 7 et 9 ans. L'année suivante, la rétribution scolaire fut augmentée.

Une inscription marginale du registre qui expliquait aussi les deux catégories de prix qui précédent, portait :

"Ceux qui écrivent payent 25 sous et ceux qui n'écrivent pas, 15 sous"

Le compte de l'An VIII était plus modique encore que celui de l'An VII le voici : "Du 12 frimaire (=3 décembre 1799), que Nicolas a recommencé, au 28 ventôse (=19 mars 1800), 3 mois, 16 jours soit : 4 livres 8 sous et 4 deniers. Rémi du 24 vendémiaire (=16 décembre 1788) une seule fois à l'école à 25 sous 10 deniers. Total : 4 livres 9 sous 2 deniers.

En paiement Collignon reçut 3 quartels de dravières valant 2 livres et 1 quartel de pois représentant 2 livres, 10 sous.

De quoi se serait-il plaint?....

Nota : la dravière est un fourrage d'hiver à base de graminées et de légumineuses. Les dravières d'hiver (vesces et seigle) étaient semées après la déchaume des moissons.

 

Jean Honoré Bara a certainement bénéficié des enseignements de cet instituteur Collignon, qui était aussi un membre de sa famille.

L'instituteur recevait les élèves à son domicile. Ceux, qui par chance pouvaient bénéficier de ses cours, fréquentaient l'école quelques mois seulement dans l'année, voire quelques jours. La loi de Jules Ferry viendra plus tard!

 

Le jeune Bara part ensuite étudier au petit séminaire de Charleville où il a pour condisciples : Thuilier, Tavenaux, Boucaumont, Lambert, Mansart et Regnault. Ce dernier sera aussi évêque, ainsi que Pierre Bouquignaud; lui, venait des Hautes-Rivières. (source : Bulletin du Diocèse de Reims année 1875 page 147).

 

Dans un autre article Jules Lefranc raconte que le peintre parisien Darjou vient s'installer quelques temps à Sainte-Vaubourg pour peindre le tableau du retable du maître-autel de l'église qu'on venait de lui commander.  Voir : Notre-Dame de Sainte-Vaubourg (2ème partie) et sa Vierge allaitante

Darjou loge dans l'ancienne maison de Mgr Bara, devenue l'auberge du Cheval Blanc.

 

maison bara 001.jpg

 

A droite de la photo l'ancienne maison de Jean-Honoré Bara devenue auberge (à l'enseigne du Cheval Blanc)

 

Un autre biographe, l'abbé Bailly, a consacré un long article à Jean Honoré Bara (dans les Mémoires de la Société d'Agriculture, des Sciences et des Arts de la Marne. Année 1864). Il écrit dans le style particulier de son époque :

nota: les termes en gras ne le sont pas dans le texte d'origine.

 

«Sa famille était modeste, il confessait dans son mandement de prise de possession, qu'il n'avait à offrir à ses diocésains "ni la noblesse de l'extraction, ni l'éclat d'un nom pompeur, ni l'opulence de la fortune, que leur apportait son vénérable prédécesseur" (remarque formulée lorsqu'il devient évêque de Châlons)

Malgré son peu d'éclat, sa famille avait su conquérir une place honorable dans le pays, par les vertus qui la distinguaient et surtout par cette piété, trésor le plus précieux, dont elle avait fourni tant de preuves pendant les jours mauvais de la Révolution française. Dieu l'en récompensait en lui donnant Jean-Honoré, cet enfant de bénédiction, qui apparut bientôt comme marqué d'un signe qui présageait sa grandeur future...

 

...Au petit séminaire d'abord et ensuite au grand séminaire de Charleville, destinés aux élèves de cette fraction du diocèse de Metz, auquel appartenaient les Ardennes avant le rétablissement du siège de Reims, le jeune Bara se préparait par la prière et par l'étude aux fonctions du ministère sacré...

...il tempérait l'éclat de ses succès par ses manières aimables, et se faisait pardonner sa grande supériorité par son caractère liant et bienveillant pour tous.

En même temps qu'il suivait les cours de théologie, l'activité de son esprit lui permettait d'exercer une partie de la surveillance au collège qui recevait les élèves du petit séminaire, et de suppléer les professeurs que la maladie tenait éloignée de leur chaire.

 

Une belle promotion 

 

Ordonné prêtre, le 23 septembre 1822 par Monseigneur de Coucy, archevêque de Reims, il fut appelé à Rethel en qualité de vicaire de la paroisse. Son ministère y fut court; mais après tant d'années, on y conserve encore le souvenir de son zèle et de sa gravité précoce.

 

à Reims

Au bout d'un an environ, il fut nommé vicaire de la cathédrale de Reims...

...Infatigable dans les fonctions du saint ministère, il ne quittait le confessionnal que pour monter en chaire, voler au chevet des malades ou au secours des pauvres. La raison régnait dans ses discours, qui étaient marqués au coin de cette gravité et de cette dignité qui ne l'abandonnaient jamais : les esprits élevés étaient satisfaits de cette parole sérieuse qui leur apportait la conviction et les enfants s'attachaient avec l'avidité de leur âge à ces charmants détails, à ces explications faciles qu'un zèle ingénieux inspirait au catéchiste pour arriver jusqu'à l'intelligence de ses jeunes auditeurs.

Homme de bon conseil et d'un jugement sûr, il dirigeait habilement les âmes dans le chemin de la perfection et savait s'écarter des voies du rigorisme, qui tue par le découragement, et d'une morale trop large qui perd aussi en permettant ce que la conscience a défendu.

 

Aumônier des prisons pendant huit ans, il relevait à leurs propres yeux par des paroles d'encouragement, les malheureux détenus, flétris par l'opinion et par la sentence de la justice et les soulageait par les dons d'une charité qui ne s'épuisait pas. Il remplit plusieurs fois avec courage la douloureuse mission de conduire à l'échafaud ceux que la société rejette de son sein pour leurs crimes, et auxquels la religion sait encore rendre l'espérance et ouvrir le ciel, en leur inspirant le repentir.

 

En 1825, il fut nommé chanoine honoraire et en 1830, chanoine titulaire de l'église métropolitaine. Au milieu des occupations absorbantes d'un ministère très actif, il trouvait encore le temps nécessaire pour remplir scrupuleusement les devoirs du canonicat. La mort du curé de la cathédrale étant arrivée quelques mois après, la voix publique désigna M. Bara pour lui succéder; et l'on vit un jeune homme de 32 ans gouverner, à la satisfaction de tous, la paroisse la plus importante d'une grande ville et d'un grand diocèse.

Son tact, sa prudence, son esprit conciliant, lui créèrent bien vite une haute position dans la ville de Reims : il était l'âme de toutes les œuvres qui tendaient au bien, il était le consolateur de toutes les infortunes et de toutes les misères, l'ami et le soutien du pauvre, le pacificateur des familles divisées, le directeur des communautés religieuses. Il appartenait à presque toutes les administrations : membre très actif et très exact, il y apportait les hautes lumières de son esprit et une influence salutaire...

 

...Enfin, en janvier 1854, Son Eminence le cardinal Gousset, si connaisseur en hommes, et si bon juge du vrai mérite, le nomme vicaire général titulaire, aux applaudissements du clergé, et il faut le dire, au grand regret des paroissiens de Notre-Dame, qui perdaient, par cette mesure, leur bien-aimé pasteur...

 

L'éloge fait de la personnalité de J.H. Bara est flatteur.

La photographie inventée au début du XIXe siècle n'est pas encore banalisée au moment au M. Bara est nommé à Reims. Aussi, très peu de clichés le représentent.

Un évènement va permettre toutefois de conserver le souvenir de sa personne.

Le 3 avril 1844 ont lieu, à Reims, les obsèques de Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon, maréchal de France. Voir l'article du blog : http://www.editionsfradet.com/1844-mort-du-marechal-drouet-d-erlon.html

Le peintre Victor Darjou, cité précédemment, immortalise l'évènement sur la toile. Le tableau représente les funérailles du maréchal au moment où il arrive à la porte de la cathédrale.

 

Enterrement_e_Douet_d'Erlon_à_Reims_BMR37_440 bis.jpg

reproduction photographique de François Rothier du tableau de Victor Danjou qui se trouvait en la Mairie de Reims et qui a été détruit par l'incendie de celle-ci lors de la Grande Guerre

 

Le tableau a été détruit, mais il a fait l'objet d'un commentaire dans le catalogue historique et descriptif du musée de Reims par Charles Loriquet en 1881 : voir http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64304434/f220.image page188/189

L'auteur précise :

«M. Darjou s'est moins occupé de reproduire la vue d'ensemble que présentait à ce moment le parvis de l'église, que de retracer les détails de la cérémonie. Ce désir de tout montrer lui a fait modifier la direction suivie par le cortège, et la perspective s'est ressentie de ce dérangement. Le soleil a subi pareillement une déviation dans la direction habituelle de sa lumière. La foule, arrêtée quelquefois devant cette toile, nous ayant paru principalement désireuse de reconnaître les personnes qui occupaient un rang dans la cérémonie, et dont le peintre a voulu transmettre les traits à la postérité, nous viendrons en aide à sa curiosité en nommant :

1° Dans l'intérieur du parvis, faisant face au cortège : Mgr Gousset, archevêque officiant; MM. Maquart, Querry, vicaires généraux, et Tourneur, chanoine honoraire, dans le costume d'hiver des chanoines de Reims, tel qu'il était alors; Bara, curé de Notre-Dame, revêtu de l'étole; etc...

...Le tableau est signé en bas à droite, avec la date de 1845. Il a été exposé la même année sous le n°400, et acheté par la Ville.»

 

 

Capture mgr Bara.JPG

 

J.H. Bara curé de Notre-Dame porte l'étole

 

L'abbé Bailly poursuit :

«... Monseigneur de Prilly, évêque de Châlons, s'éteignait lentement de fatigue et de vieillesse. A l'âge de 80 ans, il sentit que le fardeau devenait trop lourd pour ses épaules, et demanda à le partager avec un autre. M. Bara fut nommé, par décret impérial du 7 avril 1856, coadjuteur, avec future succession, de Mgr l'évêque de Châlons, préconisé évêque de Médéa, in partibus infidelium, dans le consistoire du 16 juin.

 

Son sacre eut lieu à Reims le 20 juillet, avec une splendeur inusitée, dans cette même cathédrale où il avait exercé un si long et fructueux ministère. Le prélat consécrateur était Son Eminence le cardinal Gousset, archevêque de Reims; quatorze archevêques et évêques étaient présents; un clergé très nombreux, de Reims et Châlons, était accouru; une foule immense remplissait la vieille basilique : tous les cœurs étaient à la joie et à l'espérance...

à Châlons

...Monseigneur de Prilly mourut le 1er janvier 1860...

Monseigneur Bara qui, pendant les trois années précédentes, avait pu connaître et apprécier l'excellent esprit de son clergé, se mit immédiatement au travail...

... la bonté était le trait caractéristique de Monseigneur Bara...»

 

thumbnail_Mgr-Bara_01.jpg

 

 

Ses armoiries étaient :

 

“Une croix d'or sur un champ de gueules surmontée d'un chef de sinople chargé de trois ancres d'argent”

 

Ses pièces interprétaient sa devise :

 

Ave spes unica

 

Mgr Bara armoiries bis.jpg

Extrait de l'Armorial des Prélats français au XIXe siècle par le comte de Saint-Saud - 1906

Voir : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k374920v/f86.image

 

Une reconstitution a été tentée par Jérome Collignon :

 

Ecu.JPG

 

une belle randonnée pédestre

 

A Sainte-Vaubourg, poursuit Jules Lefranc : «on disait tant de bien dans sa famille qu'un jour, deux jeunes garçons ne purent résister au désir de connaître ce "cousin l'évêque", dont, si souvent, devant eux, on avait vanté l'accueil.

Un matin, ils partirent pour Châlons... à pied!

Ils y arrivèrent, mais au prix de quelle fatigue!

Là, le courage faillit leur manquer; ils délibérèrent et timidement s'en vinrent frapper à l'évêché.

Prévenu, Monseigneur, aussitôt les reçut paternellement.

Il leur fit servir une collation et pendant qu'ils mangeaient, il s'assit près d'eux, les interrogea doucement, s'intéressant aux péripéties de leur voyage, aux nouvelles de la famille et du village natal; puis il les retint sous son toit.

 

Le lendemain, il leur ménagea une surprise.

A l'époque, les chemins de fer étaient chose récente, ces enfants n'avaient jamais vu ni voie ferrée, ni locomotive, ni wagon. Monseigneur les emmena à la gare; un train arriva, l'évêque y fit monter ses visiteurs et y monta lui-même, et le convoi se remit en marche; le prélat était parti en tournée dans la campagne châlonnaise, en compagnie des petits paysans de Sainte-Vaubourg qui n'ont jamais oublié cette belle promenade.

Le fait nous a été rapporté par Mr Ulysse Collignon de Sainte-Vaubourg»

 

Nota : Ulysse Collignon (1875 - 1958) était mon grand-père paternel. Il repose dans le cimetière de Sainte-Vaubourg. Voir plus loin le tableau de filiation.

 

une anecdote

L'anecdote est encore contée par J. Lefranc

«Même devant l'Empereur, Monseigneur Bara rappelait sans gêne ses origines plébéiennes.

Un de ses jeunes cousins, ayant pris le numéro 4 au tirage au sort, avait été appelé sous les drapeaux pour 7 ans.

L'évêque ne l'apprit que longtemps après : à Sainte-Vaubourg on n'écrivait guère alors entre parents.

Vers la même époque Napoléon III vint au camp de Châlons et fût l'hôte de Monseigneur Bara; au cours d'une promenade, Mgr n'hésita point à parler à l'Empereur du petit soldat de Sainte-Vaubourg dont l'absence constituait pour les siens une si lourde charge.

La conclusion de l'entretien ne se fit pas attendre. Quelques jours après dans sa garnison pyrénéenne, le Vaubourgien apprenait, avec une joie indicible, qu'il lui était accordé un congé de 6 mois renouvelable jusqu'au renvoi de sa classe.

(D'après Mr Honoré Collignon, instituteur à Séchault et filleul de Monseigneur Bara.)

 

Dans son propos l'abbé Bailly s'étend encore longuement sur la bonté, et l'autorité bienveillante de Mgr Bara.

Il indique aussi que l'évêque accomplit en 1862 le pèlerinage à Rome.

«Le 8 juin 1862, fête de la Pentecôte, le souverain Pontife assisté de 265 évêques, parmi lesquels se trouvait Mgr Jean-Honoré Bara, évêque de Châlons, inscrivait solennellement dans le martyrologe les noms des 26 religieux français, mis à mort dans l'empire du Japon, pour la cause de J-C, le 2 juillet 1597» dans notice sur la vie de Saint Sébastien et sur la relique ... etc  par l'abbé Pierre Joseph Chapusot. Châlons-sur-Marne 1863 page 22 renvoi 1

 

«... dans ses visites annuelles au camp de Châlons, il (=Mgr Bara) témoignait à l'Empereur sa confiance et son dévouement; il en avait reçu en 1860 la croix de chevalier de la Légion d'Honneur...

... Pendant son épiscopat, un grand nombre d'églises furent construites à neuf ou réparées; il aimait à en faire lui-même la dédicace ou la bénédiction : il obtint pour sa cathédrale des revenus qui ont permis de commencer des travaux importants qui demanderaient à être continués...

...Nous espérions le voir longtemps encore à la tête de notre diocèse et jouir de ses vertus et de son expérience; mais une maladie, dont il portait le germe depuis bien des années, le minait sourdement, elle éclata tout-à-coup par des symptômes effrayants et l'emporta rapidement le 11 juillet à huit heures du soir... : le 11 juillet 1864

... Ses obsèques ont été célébrées le 14, avec la solennité que réclamait sa haute dignité, au milieu d'un recueillement profond et de l'affluence du clergé et des fidèles, accourus des diocèses de Reims et Châlons. Honorées de la présence de Son Excellence le maréchal Mac-Mahon, commandant le camp de Châlons, elles furent présidées par Son Eminence le cardinal Gousset, métropolitain de la province de Reims, qui, au moment de la séparation suprême, ne put contenir son émotion. Les larmes qui ont coulé sur les joues de ce prince de l'Eglise, celles des assistants, sont le plus bel éloge de la vie, des travaux et de la vertu de notre saint évêque.»

 

Les restes de Mgr Bara reposent dans la crypte de la cathédrale Saint-Etienne de Châlons.

 

pierre tombale bara.jpg

 

la plaque murale dans la crypte

 

Parmi les nombreuses actions repérées au cours de sa prélature, on note que Mgr Bara a participé au 1er concile tenu à Amiens du 10 au 20 janvier 1858. Y ont été traitées des questions sur les études littéraires, l'histoire et la philosophie. Placé sous la présidence du cardinal Gousset, le concile avait réuni 120 séminaristes et 300 prêtres. (dans Annales philosophiques chrétiennes. - 1853)

 

En septembre 1858, il participe à l'inauguration de la statue érigée dans l'église paroissiale de Revin en mémoire du célèbre théologien Billuart. (dans Revue Historique des Ardennes. - 1867 page 132)

 

C'est encore Mgr Bara qui préside officiellement la cérémonie de restauration du pèlerinage en l'honneur de saint Sébastien à Jâlons - Marne (dans Revue de l'art chrétien : crypte Saint-Ephrem de Jaalons société de Saint Jean 1867)

 

En faveur de son village natal, l'évêque offre à l'église de Sainte-Vaubourg un calice en argent avec coupe et patène en vermeil (1er mars 1860).

 

Le 22 octobre 1855, en sa qualité de vicaire général de Mgr Gousset, J. H. Bara procède à Aussonce (Ardennes) au transfert des reliques de saint Sindulphe dans un nouveau reliquaire dû à la piété des habitants. Après avoir été totalement dépouillée en 866, l'église d'Aussonce recouvre son trésor que les révolutions avaient épargné. (dans Vie des Saints du Diocèse de Reims par le chanoine Cerf 1898 tome 2 page 573)

 

Dans le Bulletin du Diocèse de Reims on lit encore:

... les souvenirs laissés par Son Excellence Mgr Landriot à son insigne église de Reims ont été déposés au Trésor de la cathédrale ...

...une mitre également en drap d'or, ayant appartenu autrefois à Mgr Bara et pour cette raison doublement précieuse

...une croix pastorale et l'anneau donnés au Trésor par un ancien curé de Notre-Dame, Mgr Bara, mort, évêque de Châlons (BDR : 1874 - du 01/03 - page 408)

 

...un calice de vermeil richement orné de pierreries et de douze médaillons d'émail, offert au Trésor de Notre-Dame par Mlle Louise Lemaître, lors de ses noces d'argent en sa qualité de directrice de la maison Saint-Joseph. Sur le calice sont représentés différents personnages. Sur le pied : plusieurs saints dont saint Honoré, patron de Mgr Bara, ancien archiprêtre de Notre-Dame de Reims... (BDR : 1904 page 378).

 

à propos de l'abbé Jean-Baptiste Bara

Le bulletin du Diocèse de Reims (1868/07/04. A2, N1 - 1869/06/26. A2, N52 pp. 449-450) donne des détails sur un proche parent de Mgr Bara. Il s'agit de Jean-Baptiste Bara né à Sainte-Vaubourg le 1er juillet 1806. Son père est Jean-Pierre Bara alors âgé de 27 ans, tailleur de profession et sa mère est Nicolle Jobert.

Ordonné prêtre à Reims le 5 juin 1830, il fut nommé curé desservant à Givron (Ardennes) le 1er juillet suivant.

Il fut transféré le 1er mai 1834 à Villers-Franqueux, paroisse du canton de Bourgogne (Marne) qu'il édifia pendant 23 ans.

Lorsque Mgr Bara fut nommé coadjuteur de Châlons, il désira attacher à sa personne l'abbé Bara, son proche parent.

J.B. Bara fut bientôt nommé chanoine titulaire de la cathédrale par Mgr de Prilly avec une installation le 3 février 1857.

Secrétaire du chapitre le 15 juillet suivant, il devient secrétaire général de l'évêché de Châlons le 1er janvier 1860, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort survenue par étouffement le 3 mars 1868 à la suite d'un asthme douloureux dont il souffrait depuis quelque temps. Les obsèques du chanoine Bara ont été célébrées le vendredi 5 mars dans l'église cathédrale de Châlons.

 

tentative de reconstitution d'une lignée familiale

Jean Collignon (1685 ?..)

Nicole Beauvarlet

              

Jean-Baptiste Collignon (1725 ?..)

Madeleine Postal

                ↓

Nicolas-Ponce Collignon (1762 - 1832) **

Jeanne-Cécile Bara                                                 

                 ↓                                                                                   

Guillaume Collignon (1806 - 1878)                           

Marie-Catherine Vial

                 ↓

Jean-Baptiste Collignon (1837 - 1901)

Adélaïde Vesseron

                 ↓

Ulysse Collignon (1875 - 1958)

Henriette Singevin

 

**Nicolas-Ponce et Margueritte Collignon sont frère et sœur ainsi que Jean-Rigobert et Jeanne-Cécile Bara.(ainsi le frère et la sœur ont épousé respectivement la sœur et le frère!)

 

Jean-Rigobert Bara (1762...,)**

Margueritte Collignon

                ↓

Jean-Honoré Bara

 

 

 Information : Dans le cadre des manifestations organisées par l'association "Les Amis de la Cathédrale de Châlons-en-Champagne" Dominique TRONQUOY a donné une conférence sur le thème : Monseigneur Jean-Honoré Bara 96ème évêque de Châlons, un discret prélat de transition.

Elle a eu lieu le dimanche 29 janvier 2017 salle de Malte 7, rue du Lycée à Châlons-en-Champagne.

Retrouver le programme de l'association sur son blog : www.amiscathedralechalonsenchampagne.blogspot.com

 

Nota : à une question posée par une lectrice de cette page qui s'interrogeait sur l'origine du nom de la rue Bara à Vouziers, la réponse est fournie par l'historien du Vouzinois, Michel Coistia qui précise dans un courriel : "Jean-Baptiste Bara (1760-1826) était procureur et notaire au duché de Rethel en 1790. Il prend part aux mouvements avant-coureurs de la Révolution. En 1793, il est membre du directoire du département. Il est élu député  au Conseil des Cinq-Cents en 1798. Il accepte le coup d'Etat du 18 Brumaire(1799) du général Bonaparte. Il est chargé de rallier le département des Ardennes au nouveau gouvernement. En 1818, il est notaire à Vouziers, fonction qu'il cumule avec celle de brasseur." Je l'en remercie vivement !

 

JLC

 

 

 

 

 

 

 

 

 



09/01/2017
8 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 87 autres membres