Jean-Luc Collignon

Jean-Luc Collignon

Le Fréty (08) Pouillon (51) : deux églises pour saint Gorgon

Depuis des siècles, chaque année à la même époque, les villages de Le Fréty (Ardennes), de Pouillon (Marne), recevaient, jadis des milliers de pèlerins venus, avec une fidélité indéfectible, honorer saint Gorgon. Tous misaient sur les pouvoirs thaumaturgiques du bon saint qui devaient les soulager, voire les guérir, de rhumatismes, de cécité, de fièvres, de paralysies ou bien encore de démences, qui résultaient d'une possession du démon, croyait-on, chez les personnes qui en étaient atteintes. 

Le grand nombre d'ex-voto (béquilles... etc.), ainsi "exposés" dans la chapelle dédiée du sanctuaire prouvait incontestablement le pouvoir du saint protecteur. Le lieu même, où ses prodiges s'opéraient, détenait une aura séculaire à la fois mystérieuse et bienfaisante. Pour affirmer le culte du saint, nos prédécesseurs des premiers siècles n'avaient pas hésité à ériger une chapelle à l'endroit précis où, depuis toujours, se dressait l'autel druidique, que les croyances anciennes, qu'on qualifiait "d'idolâtrie", avaient entouré de rituels aujourd'hui perdus à jamais.

Là se pressait donc la foule des bonnes gens en quête d'un meilleur. Tout ce peuple implorait une protection contre les épidémies décimant humains et bétail, contre les fléaux naturels détruisant cultures et habitations ou simplement venait demander une aide pour adoucir l'épreuve du terrible passage du temps présent à celui de l'éternité.

Cris de secours, parfois louanges et remerciements, se murmuraient au pied de la statue de saint Gorgon, qui, pour le temps d'une neuvaine, reprenait vie. Par sa qualité d'intercesseur les prières montaient vers la voie céleste, car c'est toujours Dieu qui exauce.

La possession d'une infime parcelle des reliques constituait un vrai trésor sacré pour les deux modestes églises citées. Les jours de fête célébrée en l'honneur du saint attiraient des centaines d'étrangers venus grossir la foule des pèlerins accourus des villages voisins. Ils venaient accomplir le programme de la neuvaine souvent anticipée d'une retraite de six semaines organisée par de zélés missionnaires. Les habitants du lieu offraient l'hospitalité à tous les amis du bien-aimé Gorgon.

Quel genre de personnage pouvait donc être à l'origine d'un si grand rassemblement et qui avait bien pu susciter une telle ferveur?

Avec l'appui d'une bibliographie sérieuse (4), le développement, qui suit, tente une esquisse de réponse à ces deux interrogations.

La vie et le martyre de saint Gorgon

 

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Statue équestre de saint Gorgon dans l'église Saint-Nicaise de (08) Chilly

Bois peint XVIIIe siècle

 

Gorgon a subi le martyre à Nicomédie le 9 septembre 303 sous le règne de l'empereur romain Dioclétien, auteur de la dixième persécution des chrétiens.

L'empereur avait choisi cette ville d'Asie Mineure pour en faire sa résidence, il sera imité en cela par son successeur, l'empereur Constantin.

Nicomédie, capitale du royaume de Bithynie avait été fondée en - 265 avant J-C par le roi Nicomède 1er. Aujourd'hui, la cité de 250 000 habitants porte le nom d'Izmit, elle constitue la grande banlieue de la  métropole d'Istanbul. Si Istanbul n'est plus la capitale de la Turquie depuis 1923, la ville demeure l'agglomération la plus importante du pays.

La naissance de Gorgon est supposée se situer vers l'an 265 après J-C. Le futur saint est issu de l'une de ces familles nobles du monde romain auxquelles les empereurs confiaient habituellement les plus hautes responsabilités de l'Etat. Son éducation est assurée par les meilleurs maîtres dans l'enceinte du palais impérial, au milieu des jeunes gens de distinction, promis à de glorieuses destinées.

En 284, une révolution militaire fait monter sur le trône des Césars un nouvel empereur originaire de Dalmatie nommé Dioclétien. Le nouveau dirigeant choisit Gorgon parmi les jeunes nobles de la cour, et lui confie une charge importante dont ce dernier va s'acquitter avec honneur. Pour le remercier l'empereur le nomme officier du palais et Chambellan de la chambre impériale. Gorgon est sous les ordres de l'officier supérieur Dorothée avec lequel il se lie d'amitié. La fonction est très prisée car elle autorise son titulaire à maintenir des relations étroites et quotidiennes avec l'empereur.

En 302, pressé par son empereur associé nommé Galérius Maximien, Dioclétien publie un édit contre les chrétiens car ils sont perçus comme une menace envers le pouvoir impérial. Le texte ordonne la destruction des églises qui commencent à se multiplier dans le pays et la saisie de tous les livres saints qui circulent en cachette parmi la noblesse.

Un chevalier chrétien nommé Pierre conduit la riposte en faisant arracher par le peuple l'édit impérial, dont les affiches placardées sur les places publiques reproduisent le contenu.

L'empereur, très en colère, fait arrêter le belligérant et décide de mener une nouvelle persécution contre les chrétiens ; il en fixe l'application à l'occasion de la fête des Terminales, dernier jour de l'année romaine, soit le 23 février 303.

«Le carnage fut affreux. Il y eut dans tout l'empire à l'exception des Gaules, une explosion de haine contre les chrétiens, et les passions païennes, comprimées pendant plusieurs années éclatèrent avec une rage satanique... Les églises furent détruites et brûlées ; les évêques et les prêtres, les femmes, les vieillards, les enfants étaient arrêtés pêle-mêle, trainés dans les prétoires et soumis à toutes les tortures, les léopards et les tigres venaient en aide aux bourreaux et complétaient l'œuvre des fouets, des chevalets et des grils de fer... Jamais la fureur ne se montra plus savante dans ses inventions cruelles... Ce fut, pendant plusieurs années, une véritable débauche de sang...» (1) page 7

Le chevalier Pierre est interrogé sommairement par un tribunal où siège Dioclétien entouré de Dorothée et Gorgon. Le faiseur de troubles déclare ne pas vouloir renoncer à sa foi, il est torturé devant les deux officiers du palais qui sont déjà secrètement acquis à la cause des chrétiens. Le spectacle de la torture les horrifie et ils le disent à l'empereur en allant même lui avouer leur foi en Jésus Christ. Ces révélations redoublent la colère de l'empereur qui se sent trahi par ses proches collaborateurs. Il les invite à renoncer sur le champ à leur religion et à sacrifier aux dieux païens sous peine de représailles, ce qu'ils refusent. Par ailleurs sa propre épouse, l'impératrice Prisca et sa fille Valéria, venaient de se convertir au christianisme, vraisemblablement avec les encouragements de Dorothée et de Gorgon.

Dioclétien oblige sa femme et sa fille à renier leur foi devant le peuple et remet les deux comparses aux mains des bourreaux pour leur infliger la torture. Les atrocités réservées aux suppliciés sont habituellement décrites avec force de détails dans les récits du XIXe siècle. Un court résumé suffit : Gorgon, après avoir été posé nu sur un gril chauffé aux charbons ardents est pendu par les bourreaux. Le corps du martyr est finalement récupéré par les chrétiens de Nicomédie qui lui donnent une sépulture digne de son rang et de sa foi.

L'empereur sera bientôt victime d'une maladie qui lui fait perdre la raison, il abdiquera en 305 et se laissera mourir de faim en 313, dans sa retraite de Salone. C'est précisément à cette date, qu'après avoir vaincu le tyran Maxence, Constantin, le nouvel empereur reconnait officiellement la religion chrétienne dans tout l'empire ; il va la promouvoir, notamment en affichant le signe du Christ sur tous les étendards de son armée, le fameux labarum.

 

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 Saint Gorgon dominant l'autel qui lui est consacré dans l'église Saint-Gorgon de Le Fréty (08)

 

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Antependium de l'autel dédié à saint Gorgon église de Le Fréty

 

Etendu sur le gril de son supplice encore rougi par les flammes, le saint martyr a déposé sa couronne d'officier, symbole des biens et gloires terrestres, pour recevoir la couronne du martyre que lui tend la main de Dieu, sésame pour entrer dans le Royaume céleste.

 

Aux tombeaux des deux martyrs, les miracles ne tardent pas à se produire : «les infirmes y recouvraient la santé, les démoniaques y obtenaient leur délivrance... Quelques années plus tard, le corps de saint Gorgon fut transporté à Rome, et déposé sur la Voie Latine,(Via Labicana) entre les deux Lauriers (inter duas lauros), où il fut entouré des plus magnifiques honneurs...» (2) page 599

A la même époque, les reliques de Dorothée sont vénérées en Grèce. La translation du corps de saint Gorgon à Rome s'effectue vers 345 sous le pontificat de Jules 1er.

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saint Gorgon avec la palme et le gril, objet de son supplice (3) page de garde

 

Un autre pape, Damase, occupe le siège de Rome de 366 à † 384 ; il est l'initiateur de la traduction latine de la Bible demandée à saint Jérôme, il  montre surtout une grande ferveur pour le culte des martyrs ; il agrandit les catacombes afin de recevoir de nouvelles dépouilles et leur compose des épigrammes (plus de 85 recensées). Ainsi, la pierre sépulcrale de saint Gorgon, déposée dans l'oratoire Saint-Martin-aux-Monts de Rome, reçoit une épitaphe latine qu'une traduction française formule imparfaitement :

«Non loin du sommet de la montagne, cette tombe de martyr contient le corps de Gorgon qui protège les autels du Christ. Le pèlerin qui vient ici pour visiter les demeures des saints trouvera dans des tombes rapprochées des bienheureux qu'une même piété a conduits à la même gloire du Ciel»

«Martyris hic tumulus magno sub vertice montis

Gorgonium retinet, servat qui altaria Christi.

hic, quicumque venit, sanctorum limina quærat,

inveniet vicina in sede habitare beatos,

ad cælum pariter pietas quos vexit euntes.»

 

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Illustration de l'édition 1934 (3)

Naissance et diffusion du culte voué à saint Gorgon

 

Pendant 420 ans, la tombe de saint Gorgon n'alimente plus l'actualité des écrits historiques. Dans nos régions, depuis Clovis, les rois mérovingiens avaient poursuivi avec plus ou moins de bonheur, une politique liant la monarchie à l'épiscopat. A leur arrivée au pouvoir, les carolingiens font un pas de plus en s'alliant à la papauté. La démarche n'est pas anodine pour le devenir du culte porté à saint Gorgon. En 765, un personnage illustre vient sauver de l'oubli le saint martyr dont les restes, attendent, à Rome, depuis plus de quatre siècles, une plus digne vénération.

 

Chrodegand, un personnage clé au VIIIe siècle

 

Chrodegand, acteur de la renaissance carolingienne va faire de saint Gorgon un des glorieux patrons de la Champagne, de la Lorraine et du Nord de la France (50 églises lui rendaient des honneurs à la fin du XIXe siècle).

Comme le saint martyr, dont il veut réveiller le culte, Chrodegand appartient à une famille aristocratique proche du pouvoir dirigeant. Il est né vers 712 d'un père, Sigrammus et d'une mère Landrada, la sœur de Robert 1er de Hesbaye en Brabant (à l'ouest de Liège), l'ancêtre des capétiens. Le jeune aristocrate part étudier à l'abbaye de Saint-Trond, très en vogue, car elle possède une école fameuse pour les jeunes nobles appelés à de hautes fonctions. Il poursuit ensuite son éducation à la cour de Charles Martel. En 737, celui-ci, qui est à la fois souverain, maire du Palais, mais également duc d'Austrasie et prince du royaume des Francs, approche la cinquantaine (il mourra 4 ans plus tard!) ; il appelle Chrodegand à ses côtés en lui confiant la charge de Référendaire ou Chancelier, une fonction de tout premier plan, sorte de Premier ministre d'aujourd'hui, qui ne se donnait qu'à des personnes mûres et expérimentées.

A la mort de Charles Martel, un de ses fils, Pépin le Bref lui succède et fait de nouveau appel à Chrodegand. Le surnom de "Le Bref" lui est donné car il était de petite taille.

En 741, à la suite du décès de Sigebaud, l'évêque de Metz - alors capitale de l'Austrasie -, se pose le choix d'un successeur pour la chaire épiscopale. Chrodegand accepte la charge, il est ordonné évêque de Metz un an plus tard, le 1er octobre 742. La capitale attire les plus hautes dignités du Royaume, le nouvel évêque étoffe son réseau de relations.

Ainsi, entre 747 et 757, il fonde deux monastères : l'un dédié à saint Pierre dans la paroisse de Saint-Etienne, l'autre dénommé Gorze. Des moines y sont envoyés pour pratiquer la règle de saint Benoit. Les deux établissements sont richement dotés par leur fondateur, mais également par des donations accordées par les princes amis de l'évêque.

Les intrigues de cour permettent à Pépin de réussir un coup d'éclat (ou d'état selon!), avec l'accord du pape, dont il était devenu le protecteur «il se fait couronner roi et sacrer par les évêques dans la vieille capitale mérovingienne de Soissons en décembre 751...Mais l'opposition ne désarmait pas, elle tenta de faire revenir Carloman en le sortant de son abbaye. Pépin envoya chercher le pape Etienne II pour se faire sacrer une seconde fois et recevoir ainsi la caution pontificale. L'évêque de Metz fut désigné en septembre 753 pour aller à Rome au devant d'Etienne II et l'accompagner en pays franc. Pépin fut sacré à Saint-Denis, le 28 juillet 754... etc.» (5) page 39.

Alors que les Lombards envahissent les états pontificaux, Chrodegand organise le fuite du pape vers Saint-Denis. Pour le récompenser, le souverain pontife lui décerne le titre archiépiscopal et lui remet le pallium. L'archevêque devient ainsi le représentant du siège apostolique dans le royaume. De capitale d'Austrasie, la ville de Metz s'honore désormais d'être aussi tête de l'Eglise franque. L'archevêque la dirige et souhaite la réformer en profondeur. Pour ce faire, il est nécessaire de réunir les instances du clergé lors de synodes. Celui d'Attigny, convoqué par Pépin en 765, reste célèbre pour plusieurs raisons. L'une d'ordre militaire : c'est à cette occasion que se décide la guerre contre l'Aquitaine et son duc Gaifre, une autre, d'ordre religieux : c'est vraisemblablement au cours de cette assemblée, où siègent princes, seigneurs, 21 évêques et 17 abbés qu'est actée la pratique du baptême par ondoiement appelée à remplacer celle de l'immersion totale (6) page 434.

Ce concile d'Attigny est dans les faits orchestré par Chrodegand qui rentre tout juste d'un second voyage à  Rome où il rencontre le nouveau pape, Paul 1er. La réforme de l'Eglise est sans doute au cœur des discussions, mais il obtient surtout la moitié du corps de saint Gorgon pour son abbaye de Gorze. Celle-ci, fondée en 757, connait un énorme succès ; il est urgent de la doter d'une relique insigne qui attirera plus encore les pèlerins, produira des miracles et générera l'afflux de dons investis dans la construction de nouvelles basiliques. De ce voyage à Rome l'archevêque rapporte également d'autres reliques : celles de saint Nabor qui seront déposées au monastère d'Hilariacum (=Saint-Avold) et celles de saint Nazaire remises au monastère de Lorsch, au-delà du Rhin, où ,il fera construire une église «d'un éclatant décor» (5) page 39.

Chrodegand meurt le 6 mars 766, sa dépouille repose au monastère de Gorze. Pépin le Bref lui survit 2ans († 24 septembre 768).

Le culte rendu à saint Gorgon peut reprendre et s'étendre à d'autres contrées.

 

Saint Gorgon à Pouillon

 

Un articulet de 1899 précise: «L'église de Pouillon, petit village du département de la Marne, situé à 10 km au nord-ouest de Reims date de 1641. Elle est l'objet d'un pèlerinage fort ancien sous le vocable de saint Gorgon. C'est là, dit la légende, que les époux trompés sont certains d'obtenir du Ciel le retour ou la punition de leur infidèle moitié. Des ex-voto placés sur le mur de l'église prouvent l'existence de cette croyance.» Gustave Laurent (7) page 408.

Quelques numéros plus tard dans la même revue une réponse parait sous la signature de F. Rédo : «Saint Gorgon (XL, 194, 408). J'ai communiqué à mon voisin de campagne le savant curé de Pouillon [l'abbé Hautecoeur] , l'articulet de M. Gustave Laurent paru dans l'Intermédiaire du 7 septembre. Voici sa réponse : Il existe à Pouillon un pèlerinage et une confrérie de Saint-Gorgon, remontant au XVIIIe siècle. Les reliques de ce saint martyr, tirées du cimetière de Saint Calixte à Rome, furent envoyées à Pouillon au mois de novembre 1749 et exposées à la vénération des fidèles le 24 avril 1750.

On invoque saint Gorgon pour les rhumatismes, les douleurs et les maux intérieurs, les fièvres et le rachitisme des enfants.

Le curé de Pouillon exprime aussi sa surprise que M. Gustave Laurent ait accepté aussi facilement une légende qui n'a existé que dans l'imagination de l'auteur. Il en est de même des ex-voto dont il parle. Un seul ex-voto se trouve dans l'église et il date de 1870. Six autres pierres, scellées aux murs des bas-côtés, sont simplement des actes de donations faites par des bienfaiteurs. Presque toutes sont antérieures à l'érection de la Confrérie de Saint-Gorgon.» (7) page 792.

Pourtant il semble bien que le savant curé se trompe quant à la date originelle du culte rendu à saint Gorgon dans le village de Pouillon.

Un petit livret imprimé à Reims chez N. Pierard, avec approbation donnée le 6 août 1687 par Roland, vicaire général porte le titre suivant : "La Vie de Saint Gorgon, martyr, dont la fête se célèbre le neuvième septembre en l'église de Pouillon, diocèse de Reims montre «que le culte de ce saint était établi à Pouillon bien avant 1750. En 1687 le cérémonial était déjà fixé : nous trouvons ici le détail de l'office tel qu'il a été célébré depuis et s'est perpétué jusqu'à nos jours. Ce rituel plusieurs fois réimprimé et dont on a donné encore une édition en 1863, est précédé d'une introduction sur la fête et les reliques du saint reproduite à peu près dans les mêmes termes dans les éditions successives.

Une édition a été publiée en 1776 sous ce titre : "La vie de Saint Gorgon, martyr, avec des prières à l'image des Pèlerins qui viennent honorer ses Reliques dans l'Eglise de Pouillon, diocèse de Reims". On en a fait des rééditions en 1816, 1825, 1826, et 1863 (8) page 123 - 124

Le plus ancien pouillé du diocèse de Reims, - manuscrit appelé Livre rouge - a été écrit de 1303 à 1312. Il est publié en 1844 par Pierre Varin (d'où son appellation de pouillé de Varin), il comporte un état de dénombrement des bénéfices ecclésiastiques et la liste des chanoines à leur nomination. Pouillon, ou Pullio encore mentionné : in villa Pullionis, dans les bénéfices détenus par Ebroinus vasallus (Polyptyque et listes des cens de l'abbaye de Saint-Rémi de Reims du IXe au XIe siècles), ne figure pas dans le pouillé du XIVe siècle.

Les habitants d'alors doivent se rendre à l'église de Saint-Thierry qui leur assure le culte et leur dispense les sacrements.

Le premier sanctuaire établi à Pouillon date du XVIIe siècle. L'archevêque de Reims, Léonor d'Etampes de Valençay autorise l'ouverture d'une chapelle par ordonnance en date du 9 avril 1644. Elle fut consacrée à Notre-Dame de Bon Désir. D'où provient ce vocable plutôt rarissime? L'ancien archevêque de Chartres, promu à Reims, grand courtisan de Richelieu, a-t-il souhaité établir un lien avec la collégiale du même vocable, située entre Tours et Amboise? La collégiale renferme les sculptures de la Vierge et des trois Marie qu'on dit avoir eu pour modèle Marie Gaudin et ses trois filles, connues pour leur extrême beauté au XVIe siècle. Marie Gaudin, épouse Philippe Babou, le surintendant des finances de François 1er, elle devient la maîtresse de celui-ci. Lors de son entrevue avec François 1er, le 11 décembre 1515 à Bologne, le  pape Léon X, ébloui par son charme, n'hésite pas à offrir à la très belle Marie Gaudin un diamant "en souvenir des faveurs qu'elle lui aurait accordées" (?...). La pierre précieuse est connue sous le nom de "diamant Gaudin".

Cet archevêque d'Etampes de Valençay, outre ses poèmes latins dédiés à la Vierge, est connu pour son engagement réformiste, notamment dans le diocèse de Chartres dont il occupe le siège épiscopal avant de venir à Reims en 1641. Cependant, il semble qu'il ne faisait pas l'unanimité parmi ses contemporains ; certains le décrivent avec un "visage aux yeux froids dont la moue dédaigneuse se noie dans la graisse et n'inspire pas la sympathie". Le roi Louis XIII va plus loin et dit de lui « il est tellement assujetti, que si le cardinal [Richelieu] voulait, il irait baiser son derrière et pousserait son nez jusqu'à ce que le cardinal dise : "c'est assez!"» De là viendrait peut-être l'expression triviale contemporaine qui désigne un caudataire?

La chapelle de Pouillon accède rapidement au rang d'église, mais, sans doute après les raids de pillage qui dévastent la région de 1649 à 1655. L'archevêque Charles Antoine de La Roche-Aymon l'érige en succursale de Saint-Thierry par ordonnance du 25 novembre 1773.

C'est probablement du côté de Saint-Thierry qu'il faut chercher l'origine du culte de saint Gorgon à Pouillon. La tentation est grande d'y voir la signature de l'archevêque Adalbéron.

Le célèbre prélat, nommé à Reims en 969 par le roi Lothaire, a été formé chez les moines de l'abbaye de Gorze. On se souvient (voir les articles sur Saint-Thierry sur ce blog) que dès son arrivée en terres rémoises, il poursuit l'œuvre de réforme monastique amorcée par son prédécesseur. A Saint-Thierry, il met fin au laxisme des chanoines et les remplace par des moines venus de Saint-Rémi, ils suivront la règle de saint Benoit. En 971, il fonde l'abbaye de Mouzon dans les Ardennes. Adalbéron s'affirme surtout comme grand promoteur du culte des reliques.

Il fait réaliser une châsse d'argent à ses frais pour y transférer les reliques de saint Thierry au cours d'une cérémonie fastueuse. La translation a lieu le 11 décembre 976 en présence du roi Lothaire et de son épouse, la reine Emme. Quelques années auparavant, l'archevêque avait procédé à la translation des reliques du martyr Arnoul de Gruyères (08) à la nouvelle abbaye de Mouzon. Ici ce sont des moines de Thin qui remplacent les chanoines ; ils sont installés le 7 novembre 971.(9).

Il n'est pas impensable que l'archevêque ait apporté à Saint-Thierry une partie des reliques de saint Gorgon conservées et vénérées à Gorze. Celles-ci ont pu occuper l'un des neuf autels que comptait l'ancienne église abbatiale rebâtie par l'abbé Dominique entre 1007 et 1022 (10) page 65; puis comme pour les autres titulaires des autels, des changements sont intervenus, avec de nouveaux saints à honorer. Par ce fait, le culte de Gorgon a pu être redirigé sur l'église succursale de Pouillon.

Cette hypothèse ne figure dans aucun écrit, l'origine gorgonienne de Pouillon se situe peut-être ailleurs.

 

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La statue du saint dans l'église de Pouillon

On notera que la statue du saint patron est disposée sur une console à droite du chœur, côté épitre, et non dans le plan axial de l'église. La place d'honneur reçoit à Pouillon la statue du Sacré Cœur de Jésus, une promotion consécutive à la promulgation, par le pape Pie IX en 1856, de la dévotion qui devient fête universelle ; elle est remise à nouveau en avant par le pape Pie XI en 1929.

 

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Vitrail côté gauche du chœur

Le maître verrier, A. Duplex de Paris, auteur de cette représentation artistique, semble mal connaitre son sujet peu familier en région parisienne; il y porte l'inscription fautée de "GORGAN"

 

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La Châsse et les reliques de saint Gorgon (reliquaire en bois peint du XIXe siècle) portés lors des processions du 9 septembre

 

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Vue rapprochée de la relique

 

 

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L'autel en pierre dédié à saint Gorgon occupe le bas du collatéral nord d'ordinaire réservé exclusivement aux fonts baptismaux. Le retable de l'autel figure deux scènes de la vie du saint martyr. L'ensemble daterait de la fin du XIXe siècle.

Le bas relief de gauche semble représenter, sans certitude, l'arrestation du chevalier Pierre et la lecture de sa sentence par l'empereur Dioclétien (à droite). Les deux compagnons, Dorothée et Gorgon, en tenue d'officier romain, assistent au procès expédié. Toutefois un personnage, au fond, parait lié à une potence, sa tête nimbée de l'auréole de saint pourrait désigner Gorgon lui-même?  Au milieu un billot d'exécution avec sa hache.

La scène de droite est plus explicite. Elle représente Gorgon allongé sur le gril rougi par les flammes qu'un brasier, allumé en dessous, ravive. Son ami Dorothée debout à ses côtés lui tient le bras. Ils sont tous deux nimbés. Dioclétien, face au martyr, déroule l'acte de condamnation, son manteau d'empereur est retenu sur les épaules par un gros bouton agrafe.

A genoux, un bourreau s'acharne sur le supplicié qui semble ignorer la douleur en criant sa foi chrétienne.

Il a existé une confrérie active en l'honneur du saint, la (les?) bannière (s) n'est (ne sont) plus dans l'église aujourd'hui.

Saint Gorgon continue à faire des miracles dans ce beau pays viticole pour le plus grand bonheur des placomusophiles et des amateurs de vin pétillant! ...

 

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 L'église de Le Fréty et son saint patron

Le culte à saint Gorgon semble établi avec l'arrivée dans l'église, d'une partie des reliques entre 1650 et 1700. L'initiative en reviendrait aux membres d'une riche famille lorraine détentrice de biens dans le village de Le Fréty.

Un résumé de généalogie de cette famille permet d'entrevoir le point d'ancrage d'une pratique religieuse qui connut, à certaines époques, un éclatant retentissement dans un petit village de l'ouest ardennais.

La lignée des De Pange

L'illustre famille est liée au village de Pange, en Moselle, situé à 16 km à l'est de Metz, dont elle porte le nom.

Le premier membre mentionné dans les écrits historiques est Jean Thomas. Il est lieutenant particulier du bailliage de Clermont-en-Argonne en 1564.

Son fils, Pierre Thomas a le privilège d'être anobli en 1626 par le duc de Lorraine, Charles IV ; il obtient peu après une nomination en qualité de Chancelier de la Lorraine (1632).

Le petit-fils du Chancelier, Richard Thomas, devient procureur du roi et possède le titre de duc de Lorraine au bailliage de Clermont.

Dans la lignée, suit Jean-Baptiste Louis Benoit Thomas, né le 17 décembre 1688 ; il reçoit en 1720, du duc de Lorraine, «le droit de retrait pour les terres de Pange et de Lucy (près de Château-Salins), en considération des services rendus par ses ancêtres» (11). Après avoir effectué la reprise du fief, rendu foi et hommage avec serment de fidélité au duc, il s'attelle à la reconstruction du château de Pange qui vient d'être complètement ravagé par un incendie. Les travaux s'échelonnent de 1720 à 1756. L'ouvrage de fière allure, bien que modifié plusieurs fois, existe toujours.

Son fils ainé, né le 9 novembre 1717, se prénomme Jean-Baptiste Thomas. Chevalier, il porte le titre de marquis de Pange, il est aussi seigneur de Coligny, de Domangeville (près de Metz), du Fréty, d'Estremont, de Villers, de Châteauneuf (en Auvergne, diocèse de Saint-Flour), de Saint-Germain (en Bourbonnais, près de Moulins) et autres lieux...

Le seigneur du Fréty occupe par ailleurs les prestigieuses fonctions de trésorier général de "l'extraordinaire des guerres". Le roi Louis XV lui accorde encore la charge de conseiller du roi et le nomme commandeur-trésorier-général de l'Ordre de Saint-Louis. En secondes noces, le seigneur épouse la fille de Jean-Jacques d'Espinoy qui est le puissant seigneur de Lonny et de Montmeillant.

Autant dire que la famille De Pange est, elle aussi, très puissante et surtout très riche ; sa fortune est estimée, à l'époque, à un million de revenus, une somme colossale!

En 1609 l'abbaye de Gorze est ruinée, que reste-t-il des reliques de saint Gorgon lorsque Jean-Baptiste Thomas De Pange est seigneur de Le Fréty au milieu du XVIIIe siècle? 1609 est aussi la date à laquelle l'abbaye est donnée au Prince Charles de Lorraine, fils naturel du grand duc Charles IV. Les relations avec les De Pange sont étroites, on peut imaginer que la famille possédant les terres de Le Fréty a pu obtenir facilement une partie des reliques pour l'église ardennaise. Cependant Pange ne figure pas dans la liste des villages sous le nom de la terre de Gorze (12). Les reliques ont pu gagner les Ardennes lors du pillage de l'abbaye de 1542 où elles furent dispersées. Une partie rejoint ainsi l'Auvergne dans l'église Saint-Georges de Compains.

Il est vrai que les reliques du saint ont connu des péripéties dans l'abbaye gorzienne (1).

En 917, les Hongrois mettent à feu et à sang la Lorraine, les religieux se sauvent de l'abbaye emportant les reliques qu'ils abritent en lieu sûr à Metz. Le retour du précieux trésor à Gorze donne l'occasion à l'archevêque Adalbéron de Metz d'organiser une nouvelle translation (Adalbéron, oncle de l'archevêque du même nom venu à Reims, cité plus haut)

Le reliquaire est enrichi pour la circonstance, grâce à un don d'un général français guéri miraculeusement à la suite de l'invocation de saint Gorgon.

En 954, les Hongrois récidivent leurs raids destructeurs dans la région. A leur arrivée dans l'abbaye, ils découvrent les religieux prosternés devant la relique, implorant son secours face aux envahisseurs. Gagnés par une frayeur mystérieuse, les belligérants se sauvent sans commettre le moindre méfait.

Les miracles se succèdent, les pèlerins affluent. Les hérétiques, cette fois, sévissent en 1542 : l'abbaye est livrée aux flammes, les reliques sont sauvées et transportées en partie à Pont-à-Mousson.

Elles y demeurent jusqu'en 1615. Elles regagnent l'abbaye de Gorze rebâtie à neuf (1696) et sont placées dans un riche reliquaire disposé dans une chapelle dédiée au saint.

Les reliques resteront là jusqu'à la Révolution où elles seront profanées et dispersées.

A Le Fréty, les reliques survivent à la tourmente révolutionnaire grâce aux paroissiens qui cachent la châsse.

«En 1878, M. l'abbé S. Many, prêtre de Saint-Sulpice, docteur en théologie, étant à Rome, obtint pour notre église une nouvelle relique de saint Gorgon. Cette relique, d'une longueur de 35 millimètres, de forme ovale, est renfermée dans un petit reliquaire en argent revêtu du sceau de Mgr Léopold Santaché, de l'ordre de Saint-François, archevêque de Fabriano, et accompagné d'un diplôme signé qui en atteste l'authenticité.

Le 7 août 1878, Son Exc. Mgr Langénieux, archevêque de Reims, reconnut l'authentique de cette relique en même temps que diverses reliques des saints apôtres et d'autres martyrs placés dans notre ancienne châsse de saint Gorgon, et surtout l'authentique de notre précieuse relique de la vraie Croix.» (1) page 22 - 23

«Au milieu de nombreuses et édifiantes processions en l'honneur de saint Gorgon, on érigea un calvaire important sur un monticule élevé par les mains des habitants. Et depuis, ce calvaire célèbre est devenu une station vénérée dans toutes les processions et toujours visitée par les pieux pèlerins.» (1) page 24 Partant de l'église, le calvaire entouré de conifères, se situe à gauche à la sortie du village, en direction de Saint-Jean-aux-Bois sur la D10d. (Voyez Google Earth en 3 D).

 

L'église possède plusieurs représentations de saint Gorgon.

Une statue en pierre git  au sol dans l'église. Placée en façade occidentale elle a été victime des intempéries.

 

Le Fréty-St Jean aux Bois-Maranwez 087 réd.jpg

 

Le Fréty-St Jean aux Bois-Maranwez 093 réd 1.jpg

 

 Le Fréty-St Jean aux Bois-Maranwez 097 réd.jpg

 

Deux statues de saint Gorgon, retirées de l'église et mise en sécurité, avant restauration

 

Le Fréty-St Jean aux Bois-Maranwez 094 réd.jpg

 

 Châsse contenant plusieurs reliques aux côtés de celle de saint Gorgon

 

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L'imposant reliquaire de style néogothique du transept sud qui abritait la châsse

 

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Bannière mise en sécurité pour une meilleure conservation

 

Le Fréty-St Jean aux Bois-Maranwez 099 réd.jpg

 

Ancien tableau retiré de l'église

 

Une dévotion partagée un peu partout

Comme dit précédemment les églises de Le Fréty et de Pouillon partagent avec d'autres le privilège de la dévotion en faveur de Gorgon, leur saint patron. Le culte s'étend à une grande partie de la France mais se rencontre aussi en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne (Minden en Westphalie). La base de données d'architecture Palissy/Mérimée des Monuments Historiques sur le site www.culture.gouv.fr propose une petite cinquantaine de lieux consacrés à saint Gorgon. Toutefois certains éléments mentionnés n'existent plus, ils sont décrits pour mémoire.

 

 tableau St Gorgon bis.jpg
Rappel : cliquer sur l'image pour agrandir

 

La liste n'est pas exhaustive. Saint Gorgon est aussi invoqué à Avaux, Blombay, Olizy-Primat (08), Brûly (près de Couvin en Belgique, proche des Ardennes) et dans bien d'autres localités.

Il y avait jadis une chapelle Saint-Gorgon dans l'église Saint-Nicolas de Rethel

A signaler la fontaine des Fièvres à Le Fréty, qui serait en rapport avec le culte du saint local.

 

Les plantes et les saints sont souvent associés, les premières étant vouées aux seconds. Pour le saint, la plante qui lui est attribuée se présente selon deux critères, soit elle fleurit ou produit des fruits au moment où est célébré le saint, soit ses pouvoirs vertueux guérissent les maladies associées à la dévotion du saint. S'agissant de saint Gorgon, l'auteur de l'ouvrage sur la flore des cathédrales (13) précise:

«Saint Gorgon : c'est ici une déformation ou une traduction de saint Georges; l'herbe de Saint-Gorgon est une espèce de fougère, "l'osmonde royale", qui pousse dans les milieux humides;

Ses applications thérapeutiques sont en rapport avec les maladies pour lesquelles il est invoqué, c'est-à-dire la lèpre et la syphilis.»

 

Blombay à Regniowez 014 réd.jpg

 église Saint-Rémi de Blombay (08)

 

Les fiches techniques pour visiter les deux églises de Le Fréty et de Pouillon sont à retrouver dans les pages du blog : Pouillon (51) Le Fréty (08) fiches pour visiter les églises

 

Bibliographie succincte :

(1) Histoire de Saint Gorgon sa vie, son martyre et son culte à travers les siècles. souvenir du pèlerinage en l'honneur de saint Gorgon au Fréty, canton de Rumigny (Ardennes) Diocèse de Reims. - Charleville, Imprimerie La Moderne, H. Gonce, 38, rue du Moulin. - 912

(2) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30740r/f603.image Les petits Bollandistes : vies des saints. T. X, Du 18 août au 9 septembre / d'après les Bollandistes, le père Giry, Surius.par Mgr Paul Guérin  - Pour Chrodegand voir le Tome III, Du 24 février au 25 mars.

(3) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6514162c/f9.image.r=recherches%20historiques%20sur%20la%20vie%20le%20martyre%20et%20le%20culte%20de%20saint%20gorgon%20honoré%20à%20anor.langFR  Recherches historiques sur la vie, le martyre et le culte de saint Gorgon, honoré à Anor, au diocèse de Cambrai ; par l'abbé G...1855

Plusieurs éditions se sont succédées notamment celle de 1934.

(4) - Eusèbe : Histoire ecclésiastique livre 7ème-traduction du grec sur http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/;

 - Fleury Histoire ecclésiastique livre 8ème sur le site :

http://books.google.fr/books?id=b4wUiGc9sQcC&pg=PA379&lpg=PA379&dq=fleury+histoire+eccl%C3%A9siastique+livre+8&source=bl&ots=QDtZGUOgGv&sig=PkcfJb2u-Jmrj7a4qHzfjy5R_J0&hl=fr&sa=X&ei=GhVpVKKbOs_iasSMgZgN&ved=0CEkQ6AEwCQ#v=onepage&q=fleury%20histoire%20eccl%C3%A9siastique%20livre%208&f=false;

 - les Bollandistes : renvoi (2) ;

(5) Encyclopédie illustrée de la Lorraine. - Histoire de la Lorraine. - L'époque médiévale par Michel Parisse Editions Serpenoise - Presses Universitaires de Nancy - 1990

(6) Annales Ardennaises et histoire des lieux qui forment le département des Ardennes et des contrées voisines par F.- X. Masson Imprimerie Lelaurin 1861. Réédition Laffitte Reprints 1979

(7) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73398h/f399.image.r=L%27Intermédiaire%20des%20chercheurs%20et%20curieux.langFR L'Intermédiaire des chercheurs et curieux 35ème année 1899/07 (vol 40, N 841 A.35 - 1899/12 vol 40, N864) voir les Nos du 7 septembre et du 7 novembre)

(8) Charles Givelet, Henri Jadart, Louis Demaison. Répertoire archéologique de l'arrondissement de Reims. Canton de Bourgogne 2ème partie dans Travaux de l'Académie Nationale de Reims. - 146ème volume. - Année 1931/32. - tome II. - Michaud. - Reims 1933.

(9) Millénaire de l'abbaye de Mouzon 971 - 1971. - Revue Historique Ardennaise n° 7 janvier - juin 1972. - page et suivantes : La fondation de l'abbaye de Mouzon en 971 par Michel Parisse.

(10) SAINT-THIERRY une abbaye du VIe au XXe siècles. - Actes du colloque international d'Histoire monastique Reims - Saint-Thierry, 11 au 14 octobre 1976 réunis par Michel Bur. 1979

(11) Histoire Généalogique et héraldique des Pairs de France, des grands dignitaires de la Couronne etc ... par M. le chevalier de COURCELLES, généalogiste honoraire du roi. Tome V - 1825. sur :

http://books.google.fr/books?id=o0oWAAAAYAAJ&pg=RA3-PA98&dq=de+pange+jean-baptiste&hl=fr&sa=X&ei=zJd0VK2kNZLfaJPvgpgN&ved=0CCgQ6AEwAQ#v=onepage&q=de%20pange%20jean-baptiste&f=false 

(12) Histoire de la ville et du Pays de Gorze depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. J.-Baptiste Nimsgern 1853

http://books.google.fr/books?id=5sh-hJICCUwC&printsec=frontcover&dq=histoire+de+la+ville+et+du+pays+de+gorze+depuis+les&hl=fr&sa=X&ei=t_F2VL7kGY7raMzTgjg&ved=0CCIQ6AEwAA#v=onepage&q=histoire%20de%20la%20ville%20et%20du%20pays%20de%20gorze%20depuis%20les&f=false

(13) La Flore des cathédrales. Le symbolisme floral dans l'architecture religieuse. Patrick Darcheville. Editions Dervy. avril 2011.

 

Remerciements. Pour l'accueil qu'elles m'ont réservé, j'adresse mes très vifs remerciements aux personnes citées ci-après. Elles m'ont facilité la visite des églises et fourni certains renseignements précieux : Mesdames Nicole Petit, Dominique Charret, Monique Roussel et Monsieur Eric Milet.

JLC

 

 

 



30/11/2014
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