Jean-Luc Collignon

Jean-Luc Collignon

Rilly-sur-Aisne : son église, fiche technique pour la visiter

Fiche technique abrégée pour une visite de l'église

Sources bibliographiques utilisées

- Images de verre, images de guerre les cahiers 1,2,3 Archives départementales des Ardennes 2004

- Rilly-aux-Oies par Jean Baptiste Rénaux 1912 (instituteur au village)

- Géographie traditionnelle et populaire du département des Ardennes Dr Octave Gueillot 1975

- Dictionnaire de l'arrondissement de Vouziers Dr Octave Gueillot réédité par Terres Ardennaises tome 7 page 54

- R.H.A. t. XX Notice sur l'église de Rilly-sur-Aisne par Jean Puybasset - 1985

- Revue du Diocèse de Reims année 1871 page 559

- Académie Nationale de Reims discours d'ouverture de la séance du 7 juillet 1881

- Les églises anciennes des Ardennes par Hubert Collin ODTA - 1969 - page 127

- Les Ardennes de clocher en clocher par André Meunier - 2002

- L'évolution de la statuaire mariale du Moyen- Age à nos jours. L'exemple des Ardennes par l'abbé Jean Sery - 1977

- Atelier Louis Barillet Maître-verrier sous la direction de Jean-François Archieri et Cécile Nebout ADAGP - 2005

- Revue Connaissance des Arts - mai 2007

- Amagne Une église, témoin de l'Histoire du village Claude Metzger Annexe VII page 210

- Archives Départementales de la Marne série 7 J 24

 

Un édifice restauré

 

L'église saint Waast a été restaurée pour un coût de 715 000€ (20% sont à la charge de la commune)

L'atelier d'architecte NTK  de Lille a dirigé les travaux. (voir le site sur : www.agence-nathalie-tkint.com)

Début des travaux : octobre 2012

Inauguration : le samedi 14 décembre 2013 en présence de l'Évêque auxiliaire Mgr Feillet et des représentants de l'Etat ( D.R.A.C.), de la Région, du département et des officiels locaux.

 

Historique

L'église, classée M.H. depuis le 2 mars 1920, date pour les parties anciennes de la fin XVe, début XVIe siècle.

Selon les recherches effectuées par Nathalie T'Kint de l'atelier NTK, la seconde travée de la nef serait du XIIe siècle, puis elle aurait été remaniée avec l'ajout d'une voûte flamboyante lorsque le chœur et le transept ont été bâtis.

La nef a été agrandie à la fin du XVIIIe siècle et la voûte d'ogives supprimée.

Une restauration conséquente a été menée au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale sous la direction de l'architecte en Chef  des Monuments Historiques, Robert Renard. Il y fait travailler le maître-verrier parisien, Jacques Lechevallier en 1946.

La tourelle extérieure en briques rouges est un ajout du XVIIe siècle ; elle abrite l'escalier qui mène aux combles.

Le système défensif avec créneaux en forme de canonnière pour permettre le tir des couleuvrines rappelle la période troublée de ce siècle

Éléments d'architecture.

 - chapiteaux des piliers sud-ouest du transept décorés de feuilles de vigne et de grappes de raisin (la vigne était cultivée sur les coteaux - rappel de son symbole eucharistique)

- clés de voûte pendantes (typique du style flamboyant)

- piscines : simple au croisillon sud ; ouvragée au nord (dais octogonal sous pinacle)

- chœur à 5 pans à fenêtres ogivales trilobées à un meneau

- en extérieur : animaux accroupis de forme étrange aux deux pignons des transepts, surmontés de crochets

Les autels

 

- maître-autel consacré à saint Waast (ou Vaast)

- autels secondaires non consacrés : dédiés à saint Waast

la Vierge et saint Nicolas

 

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Les tableaux peints

- la Nativité naissance de Jésus (non signé)

- saint Waast patron de l'église (non signé)

- le Miracle de saint Waast par le peintre rémois Nicolas Perceval (ou Perseval : 1745 - 1837) réalisé vers 1790. Jadis le cadre était surmonté d'un blason

 

Les statues

- saint Waast

- saint Benoit

- saint Roch

- saint Joseph

- sainte Philomène (en plâtre non peint)

- sainte Thérèse de Lisieux

- Vierge à l'Enfant de Notre-Dame des Victoires (XIXe siècle) dominant l'autel (voir ci-dessus)

- saint Eloi (statue mutilée)

- saint Jean l'Evangéliste tenant son évangile avec l'aigle à ses pieds, son attribut habituel

 

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- une Vierge à l'Enfant  (statue mutilée)

- statue non identifiée (manque son attribut à main droite)

 

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- un beau Christ en croix du XVIIIe siècle. Il était jadis au centre d'une poutre de Gloire, entouré des statues de saint Jean et de la Vierge. Avec les bras en V fermé (et non à l'horizontale) et sur chaque main, deux doigts repliés, ce crucifix provient d'un foyer janséniste

 

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Les vitraux

- au-dessus du portail occidental dans l'oculus : l'Agneau Pascal

- nef côté sud : 2 fenêtres décorées des épithètes des litanies (voir article dans le blog)

- transept sud : scène de la Nativité

 

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- transept nord : scène du Calvaire

 

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l'abside

 

-fenêtre axiale : le Christ est entouré par saint François d'Assise et saint Dominique

-fenêtre de droite : sainte Jeanne d'Arc et saint Waast

lancette gauche

→ Jeanne est représentée en armure, le genou gauche plié. Une main sur le pommeau de l'épée, l'autre tenant l'étendard marqué "Jésus Maria".

panneau inférieur : jeune femme en bleu coiffée d'un foulard portant un enfant emmailloté. Devant 2 enfants et une oie blanche (en rappel de Rilly-aux-Oies), aussi symbole de la paix retrouvée

lancette droite

→ saint Waast en habits sacerdotaux avec crosse, mitre, bénit la foule

panneau inférieur : homme portant un bâton à côté d'un cheval

panneau supérieur : l'église de Rilly avec la croix et le monuments aux morts

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 - fenêtre de gauche : sainte Thérèse de Lisieux et saint Louis

 lancette de gauche

→ sainte Thérèse, en pied dans son vêtement de carmélite, porte le crucifix dans sa main gauche. Thérèse Martin (1873 - 1897), béatifiée en avril 1923, canonisée en mai 1925, proclamée patronne des missions en décembre 1927, proclamée patronne secondaire de la France en mai 1944. Son symbole : une pluie de roses;

panneau inférieur : scène d'exode (celui de 1940) avec homme à casquette qui pousse une brouette chargée de 2 ballots. Derrière, maison en flammes.

 

lancette de droite

→ saint Louis, en pied, vêtu d'une longue robe bleue recouverte d'un manteau vieux rose avec doublure de fourrure d'hermine ; est couronné et auréolé ; tient sceptre et couronne d'épines

panneau inférieur : deux soldats en uniforme portant casque et guêtres blessés mortellement. Fleurs au-dessous d'eux. En mémoire des soldats anonymes tombés pour la France

 

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- extrémités du chœur : deux par deux : les évangélistes

à droite : saint Marc et saint Jean

à gauche : saint Luc et saint Matthieu

dalle funéraire

- relevée et scellée dans la paroi du mur opposé à l'autel saint Waast : dalle funéraire en marbre noir de la famille Pelletier. Originaire du Mont-de-Jeux, les Pelletier se distinguent comme hommes d'affaires (un exerçait la fonction de procureur au Parlement de Paris)

au-dessus de l'épitaphe : un écusson partagé horizontalement par deux bandeaux en relief, en leur centre : 3 anneaux. Au-dessus de l'écusson : un casque laisse tomber de chaque côté des lambrequins, comme l'usage le prévoit sur les armoiries.
Aux quatre coins des angles de la pierre, deux seulement sont restés visibles : une feuille de chêne, emblème honorifique lié à la justice et surtout marque de dignité

l'épitaphe:

CY DEVANT REPOSENT LES CORPS

D'HONNORABLE HOMME LE SIEVR ANTOINE

PELLETIER VIVANT LIEVTENANT DE

CAVALLERIE DANS LE REGIMENT D'HEQ

VANCOVRT A AGÉ DE 68 ANS DECEDÉ LE

3E FEVRIER 1693 QVIA FONDÉ A PERPET

VITÉ EN CETTE EGIISE VN OBIT QVI

SE DOIT DIRE LE IOVR ST BLAISE POVR

LEQVEL IL A LEGVÉ A LA DITE EGLISE

60 LIVRES

DE DAMOISELLE JEANNE BROYER SON

EPOVSE AAGEE DE 63 DECEDEE LE 4E

AVRIL 1708 QVI A LEGVE VN PREZ A

LADITE EGLISE A CHARGE D'UV OBIT TOVS

LES ANS LE IOVR DE SON DECES

ET DE MRE NICOLAS PELLETIER PRESTRE

LEVR FILS AAGE DE DE 25 ANS DECEDE LE 29

DECEMBRE 1693

PRIEZ DIEV POVR LE REPOS DE LRS AMES

 Notes diverses

 - Rilly de  : Regulus, Reguliacum

- signifierait : passage guéable en gaulois

- Rilly-sur-Aisne : ainsi dénommé depuis le 13/12/1936

- Waast dérive de Vedastus ( =Gaston) il est l'apôtre des Atrébates (région de Toul) et serait né à Villac dans le Périgord, † en 540

- l'abbé Saingery refait en 1871 : la voûte du transept, l'autel gothique, rouvre les fenêtres du sanctuaire, jadis bouchées après le Concile de Trente, bénit une nouvelle cloche. Curé de Rilly-aux-Oies, il est mort prématurément le 30 octobre 1871, à l'âge de 38 ans. De santé fragile, il n'avait plus qu'un poumon, le curé a contracté la petite vérole en rendant visite à un malade atteint de ce mal. L'abbé Saingery est l'auteur de la voûte légère du transept ; on lui doit également aussi le gracieux autel gothique qu'il fit exécuter sous ses yeux et presque entièrement à ses frais. Grace à lui encore, "les cinq magnifiques fenêtres du sanctuaire, obstruées et à demi fermées depuis un siècle, ont commencé à s'ouvrir pleinement pour recevoir une collection de vitraux peints" que le malheureux curé ne verra pas, la maladie l'ayant emporté avant. 

- l'abbé Colmart était janséniste (mouvement opposé aux jésuites), il a été recteur de l'Université de Reims, c'était l'ami de Tanton, le curé doyen de Rethel, janséniste lui aussi. Furent soutenus par l'archevêque Maurice Le Tellier. Le jansénisme voit le jour avec l'évêque d'Ypres, Jansens, connu par son Augustinus paru en 1640. Le rejoindront en France, l'abbé Saint-Cyran, Blaise Pascal dans la mouvance de Port-Royal

- Jean Bardou, autre curé de Rilly (1729 - 1803), fut chanoine à la Cathédrale de Reims.

- à propos du tableau du miracle de saint Waast, le curé Hulot d'Attigny écrit en 1838 : «Dans les temps que j'en étais curé, j'ai fait peindre sur le tableau de l'autel ce fait miraculeux ; mais le tableau est médiocre ; il faudrait solliciter auprès du gouvernement un meilleur tableau qui perpétuerait sur les lieux ce fait miraculeux qui appartient à l'histoire de l'Église de Reims comme à l'histoire de France et de l'Église entière. Le curé Hulot d'Attigny 16 juillet 1838»

- Michel Nicolas Perseval, né le 1er avril 1745 à Chamery (51) est décédé à Reims le 10 mai 1837, à l'âge de 92 ans. "Peintre d'histoire, de genre et de portraits", cet auteur signe plusieurs tableaux pour les églises rémoises. (une dizaine de toiles sont encore visibles). 8 tableaux sont présentés par ailleurs au musée de Reims dont le fameux "La Triple Union ou l'Union des Trois Ordres" peint en 1789 à la veille de la Révolution. Le musée de Reims conserve également une toile de l'auteur représentant le  portrait de Mme Langlois de Falaise avec sa fille. Nicolas Perseval  a encore réalisé une toile représentant saint André pour l'église Saint-Alpin de Châlons-en-Champagne et fut l'auteur de grisailles qui ont servi au décor du vestibule de l'Hôtel de Ville de Châlons.

- les vitraux détruits du chœur dataient de 1872 , ils représentaient : au centre, Jésus Christ avec, à sa gauche, sainte Balsamie, sa nourrice, à droite saint Roch.

 

 JLC

 

 



19/07/2014
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