Jean-Luc Collignon

Jean-Luc Collignon

Semuy : le peintre favori de Louis XIV a été copié

Le tableau de l'église Saint-Nicolas de SEMUY

Charles Le Brun premier peintre de Louis XIV

Charles Le Brun (1619 - 1690) a été le peintre préféré du roi Louis XIV. Les auteurs, qui ont étudié l'œuvre de l'artiste, ne manquent pas d'éloges à l'encontre de ce "génie de la peinture", qui, dès l'âge de 4 ans, dessinait déjà des portraits au sol à l'aide de charbons.

Ce "prodige de la peinture dès son enfance" entre au service du roi en 1660.

La carrière de Charles Le Brun est fulgurante. Son père, sculpteur, encourage l'enfant doué. Il lui permet de devenir l'élève du plus célèbre peintre de l'époque, Simon Vouet. Chez le maître, le jeune artiste côtoie d'autres élèves, tous performants et destinés, eux aussi, à une brillante carrière, ce sont les Mignard, Le Nôtre, Le Sueur... Mais Charles Le Brun finira par quitter son maître pour lui en préférer un autre, tout autant réputé : Nicolas Poussin.

En sa qualité de premier peintre du roi, poste qu'il obtient en 1664, Charles Le Brun est invité à décorer,  le château de Versailles et sa fameuse Galerie des Glaces ainsi que le château de Vaux-le-Vicomte.

C'est le cardinal Mazarin qui le fait appeler auprès du roi par la reine Anne d'Autriche.

Vers 1660, Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, se confie à Charles Le Brun et lui raconte le récit d'un songe qu'elle a eu. Elle souhaite qu'il s'en inspire pour réaliser une peinture qu'elle destine à son oratoire du Louvre. Le tableau terminé prendra la destination de l'église Notre-Dame. Il porte le titre de : le Christ aux anges 

Il est aujourd'hui conservé au musée du Louvre à Paris

 

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Le Christ aux anges de Charles Le Brun vers 1660 (cliché issu du web)

 

La copie de l'église de Semuy

Dans l'église Saint-Nicolas de Semuy, sur le mur occidental de la chapelle sud dédiée à saint Sébastien, un tableau peint représente le décalque inversé de l'œuvre de Le Brun.

 

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 Le Christ aux anges dans l'église de Semuy

 

Descriptif :

Le motif semble identique sur les deux tableaux.

Le Christ est suspendu à la Croix, presque au centre de la composition. Il est entouré d'anges. Au pied de la Croix se trouve un coussin fleurdelisé sur lequel repose la couronne royale. A gauche du coussin, sur le tableau du maître, un ange, qui serait saint Michel, présente la couronne au Christ. A côté de lui, cinq anges sont agenouillés tandis que trois sont placés à droite de la Croix. Sortant des nuées, d'autres anges volent autour du Christ.

La ressemblance s'arrête là.

Outre l'inversion de la scène, comme vue dans un miroir, des différences s'observent dans le choix des couleurs. Ainsi sur l'original le manteau bleu de l'archange saint Michel devient ocre sur la copie, il en va de même pour la couleur du vêtement de l'ange agenouillé au pied de la Croix et pour tous les autres personnages. Enfin une observation minutieuse des détails décèle des différences notamment dans les plis du drapé des vêtements.

 

tableau semuy 036 bis.jpg                            Christ au Louvre.jpg


 

La toile de Semuy n'est pas signée. Elle a été datée par les M. H. du XVIIe siècle. (Voir base Palissy sur le site des M.H. www.culture.gouv.fr)

Les œuvres de Charles Le Brun ont été copiées maintes fois lorsque la gravure a permis la diffusion d'estampes représentant les toiles des grands peintres qui restaient auparavant méconnues du public.

Parmi les graveurs du XVIIe siècle, l'un des plus habiles est certainement le français d'origine flamande, Gérard Edelinck (1649 - 1707). Il popularisa les tableaux des peintres célèbres de son époque. Il est l'auteur des estampes du Christ aux anges de Charles Le Brun.

Il en subsiste une dans l'église Saint-Claude de Val-des-Prés (Hautes-Alpes)

 

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 L'estampe du graveur Gérard Ederlinck dans l'église de Val-des-Prés

 

 

Fiche technique pour une visite de l'église Saint-Nicolas de Semuy

 

 

Aperçu historique sur le village

 

                L’origine du village est sans doute très ancienne. Comme c’est souvent le cas, elle est liée étroitement à celle de l’église près de laquelle s’installent les premiers villageois décomptés en nombre de feux (foyers). Pour Semuy la première évocation écrite date de 1023 avec le mot SOMMOYA.

                Le Trésor des Chartes du Comté de Rethel révèle différentes orthographes pour désigner le village tout au long du Moyen-Age. Le résumé exhaustif des citations contenues dans ce précieux document serait fastidieux, retenons-en seulement quelques-unes :

                - en juin 1258, mise en sauvement de la ville de SEMUIE à Gauchier comte de Rethest (= Rethel ) par Williaumes ( = Guillaume ) et Pierre de Vonc (=Voncq) et Wauchiers (= Gaucher) sire de Cherboigne (= Charbogne) tome 1 page 301 - 302

                - on trouve encore SEMOIE en 1299 ; SEMAUYE en 1316 ; CEMOIE en 1316 ; SEMUYE en 1322 et 1330 ; Jesson de SEMOUYE le 24 septembre 1347 etc … Trésor des Chartes du Comté de Rethel publié par Gustave Saige et Henri Lacaille 1904  - 5 tomes

                Le site a attiré très tôt des habitants car il dispose d’atouts majeurs pour fixer une communauté d’individus pouvant développer une économie :

                - avec la proximité du cours d’eau, la rivière Aisne, pour la pêche et la navigation

                - avec la présence d’un ruisseau (ruisseau de Longwé) aux eaux domptables permettant le fonctionnement d’installations mécaniques (moulins)

                - avec la mise à disposition, sur place, d’un matériau de construction de premier choix : la pierre extraite des carrières de Neuville-Day

                - plus tard, avec la proximité d’un axe de communication capital : la voie romaine, qui franchit l’Aisne en limite de territoire.

Le site a accueilli à une date inconnue un prieuré bénédictin qui dépendait de l’abbaye d’Hauvillers (Marne). Sa première mention figure dans le pouillé de 1306 « Prior de Semouye Saint Nicolas ». Les renseignements précis concernant le prieuré sont postérieurs au XVIIe siècle.

Il y avait également un prieuré cistercien sur le territoire, il dépendait de l’abbaye de Signy, mais les informations manquent à son sujet.

Voir : sources citées dans  Dictionnaire d’histoire monastique ardennaise par Jean Marchal  -Société d’Etudes Ardennaises -   1978

                Avec, la culture de la vigne et l’industrie de la papeterie, le village connut une certaine prospérité et comptait 430 habitants en 1856, 329 en 1891, mais seulement 150 en 1968, puis 84 en 2011.

 

L’église Saint-Nicolas classée monument historique

 

EXTERIEUR

 

                Les parties les plus anciennes de l’église actuelle remontent au XIIIe siècle avec des caractéristiques romanes évidentes. La tour massive élevée à la croisée du transept présente des baies géminées en plein cintre (sauf sur la face sud), leurs colonnettes sont décorées de chapiteaux sculptés de crochets typiques de la période. La corniche à modillons qui termine l’élévation de la tour, conforte  l’impression de romanité donnée à l’édifice. Il ne faut toutefois pas s’y tromper, de nombreuses transformations et reconstructions sont intervenues pour modifier l’architecture d’origine. La guerre de 1914/18 a laissé des destructions importantes, mais les architectes de la reconstruction ont su rebâtir à l’identique. (Voir moulure de pierre sur la face ouest de la tour).

Des restaurations avaient déjà été signalées en 1895. En 1954, la toiture du clocher est encore à réparer. Tous les ornements et la lingerie datent de 1930.

 

                La singularité de l’église réside dans son beau chevet plat, traditionnel dans l’école romane du Nord. Il a été lui aussi transformé, le triplet est maintenant rebouché. La belle rosace quadrilobée demeure ; cet ensemble évoque l’architecture cistercienne. Le lien avec la présence d’un prieuré de l’obédience n’est toutefois pas établi

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                Le matériau de construction est essentiellement la pierre de calcaire jaune à astartes (micro fossiles caractéristiques de la couche géologique) extraite des carrières proches situées sur la route de Neuville-Day. Cette pierre au coloris chaud qui s’illumine sous les rayons du soleil couchant a été fort prisée pour la construction ou la restauration des églises de la région. Les archives conservent la trace de plusieurs « carieurs et tireurs » de pierre qui ont fait la réputation des carrières de Bel Air de Neuville comme Nicolas Guiot, Joannès Malapé ou encore Nicolas Carré qui œuvraient vers 1641.

En 1624, le chevalier Absalon d’Apremont, seigneur de Vandy, donne l’autorisation aux habitants de Rethel de venir tirer de la pierre en sa terre de la Cour Regnault, dépendant de Semuy, pour construire leur église. Son ancêtre, Jean d’Apremont, avant d’être seigneur de Vandy l’était à Semuy, les archives conservent ses actes et son sceau à l’image de ses armoiries. Le cynique Jean d’Apremont était brave, mais n’allait jamais à la guerre sans donzelles et disait ordinairement : « Point de putains, point de Vandy » Géographie traditionnelle et populaire du département des Ardennes par le docteur Octave Guelliot – 1975 page 372

 

                Une nef unique barrée par un transept qui se termine par un chevet plat se retrouve dans la plupart de nos églises romanes, image d’élégance et de sérénité propre à une structure bien ordonnancée. L’église servait de chapelle pour le prieuré bénédictin, elle fut dès l’origine bénéficiaire de nombreux dons de la part des seigneurs du lieu qui contribuèrent ainsi à son embellissement. Par exemple le 16 décembre 1407, le testament de Jean Vauchier de Semuy réserve à « l’ecclesia beati Nicolay de Semoya, duos solidos parisienses… ». Quelques années plus tard (14 février 1409) les quittances de Jean Wauchier de Semuy précisent que «  Perresson Chamberlain de Semoye, ce tint pour content de II solz laissiés à sain Nycholas de Semoye… », mais la suite indique : « de XII deniers lassiés à Notre Dame de Semoye… » tome 2 de la Charte pages 547 et 585. Dans ce dernier cas s’agit-il de la chapelle de l’église dédiée à la Vierge ?

A noter que la toiture de la nef devait se situer beaucoup plus haut comme en témoigne le larmier subsistant près de la couronne de la tour.

                 Anecdote :

En 1922, des ouvriers travaillent à la restauration de l’église ; ils déposent une voûte du transept et découvrent un petit vase d’étain renfermant 83 pièces d’or, - la plus ancienne remontant à Charles VIII (1470 – 1498) – dont 18 écus, 15 louis et 2 demi-louis de Louis XIII, 4 louis et un demi-louis de Louis XIV. Le Cabinet des Médailles a racheté à l’époque 40 des pièces qui constituaient la part de la commune, l’autre moitié a sans doute été partagée entre les heureux découvreurs. (R. N., 1923 et 1928 p. 212 – 213)

 

INTERIEUR

 

                Le chœur et le transept sont les parties les plus anciennes.

Les voûtes sont portées par de gros tores qui retombent sur des piliers massifs (tore = torus => corde). Les arcs formerets sont grossiers et leurs chapiteaux sont ornés de décors végétaux signataires d’une fin XIIe, début XIIIe siècle. Crochets, palmes, feuilles d’acanthe symbolisent dans le monde végétal, la renaissance (résurrection pour le monde chrétien) et l’immortalité, celle de l’âme du chrétien, ou celle des feuilles résistant à la dessiccation chez l’acanthe. (sorte de chardon méditerranéen).

                La nef dépourvue de bas-côtés est couverte d’une charpente moderne. La voûte de bois est en forme de berceau brisé rappelant la carène d’un bateau renversé. Ce type d’architecture est plutôt rare dans notre région. Une forme analogue se rencontre dans l’église Saint-Martin rebaptisée de la Sainte Croix à Boult-sur-Suippe (Marne) où la charpente de bois repose aussi sur des aisseliers courbes.

 

                L’autel majeur est dédié à saint Nicolas, patron de la paroisse.

Saint Nicolas, évêque de Myre et de Bari, fêté le 6 décembre est le saint le plus vénéré en Europe. Sa popularité n’est plus à démontrer.

Il serait né à Patras en Lycie vers 270 et élu évêque de Myre en Asie Mineure. Jeté en prison, il bénéficia de l’avènement de l’empereur Constantin pour échapper à l’oubli. Il serait mort en 342. L’hagiographie s’est emparée de la légende pour le représenter dans diverses situations au cours desquelles, le saint évêque donne l’exemple de charité en dotant "Trois pucelles" d’une bourse d’or, jetée trois fois de suite la nuit, afin que les trois filles soient sauvées du déshonneur et de l’opprobre. Saint Nicolas, c’est aussi la légende des enfants dans le saloir sauvés d’une fin certaine. Pour certains auteurs la légende repose sur une confusion découlant d’une image mal comprise ; dans une version plus ancienne Nicolas, évêque aurait délivré trois officiers injustement mis en prison. Pour représenter les captifs dans leur geôle, les artistes du Moyen-Age les faisaient naïvement émerger à mi-corps d’un donjon arasé. Les personnages de petite proportion furent pris pour des enfants et l’imagination populaire transforma la tour tronquée en saloir !

                Le maître-autel, adossé au mur du chevet plat, s’inscrit dans la typologie des autels à retable des XVIIe / XVIIIe siècles. Son style est donc purement baroque. Il est classé M.H. au titre des objets depuis le 12/01/1977. Le matériau utilisé est le marbre rouge gris et noir. Les quatre colonnes sont de style corinthien.

Un emmarchement à trois degrés permet d’accéder à la table d’autel. Le chiffre trois rappelle la Présence trinitaire. Le devant d’autel (antependium) porte en son centre la colombe blanche du Saint-Esprit.

                Le cadre cintré du retable a perdu la toile de son tableau, remplacée par le Christ en croix. Une brassée de feuilles d’acanthe s’enroule autour de la bordure supérieure du cadre.

                Le stuc doré ou peint s’harmonise avec le décor en bois peint lui aussi et avec le marbre. Les quatre colonnes de marbre veiné sont couronnées de chapiteaux corinthiens dorés.

                L’entablement à ressauts porte deux consoles garnies de pots à fleurs, chargés de guirlandes retombantes. Dans le milieu, un fronton est paré de guirlandes à motif floral. Aux extrémités, un enroulement dit "contrarié" donne la réplique aux deux volutes redressées qui forment les ailes du retable. Ceci constitue une composition classique de la période de travaux et d’embellissements que connurent les édifices religieux de 1685 à 1790, conséquences post-tridentines.

                Selon l’auteur rémois Maurice Hollande (son ouvrage : sur les Routes de Champagne – 1970), le maître-autel provient de l’abbaye du Mont-Dieu il serait daté du XVIIe siècle. Dans son ouvrage « Les églises anciennes des Ardennes » édition Office du Tourisme des Ardennes – 1969, Hubert Collin évoque pour sa part le XVIIIe siècle. L’avis est partagé par l’auteur de la fiche technique des M.H. de la base Palissy (voir // www.culture.gouv.fr rubrique Semuy)

                Le tabernacle épouse la forme du retable avec une partie supérieure cintrée, il est surmonté d’un élément tronconique rappelant la tholos antique grecque.

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                La statue mutilée d’une Vierge à l’Enfant occupe la console de droite (à gauche en regardant l’autel de face). L’abbé Jean Sery la comparait à celle d’Harricourt et en concluait que, toutes deux, provenaient du même auteur.

Elle est en pierre polychromée au pochoir et date du XVIIe / XVIIIe siècle. Cette statue a été évacuée en 1939-1940 en même temps que celle du saint Nicolas qui lui seul est classé. Elle est cependant inscrite aux M.H. au titre d’objet depuis le 12/01/1966.

                La console de gauche porte la statue de saint Nicolas. A ses pieds, le fameux saloir et les trois garçonnets ressuscités par ses soins avant qu’ils ne soient servis comme nourriture aux clients d’un boucher (ou d’un aubergiste, selon auteurs !). La statue est en pierre, classée M.H. au titre des objets depuis le 25/07/1908 ; elle est datée par la D.R.A.C. du XVIe siècle.

                Une autre statue, plus ancienne, en bois peint représente aussi saint Nicolas, tenant sa crosse d’évêque et bénissant de la main droite, avec, à ses pieds, le saloir et les enfants ressuscités. L’œuvre a été restaurée ; elle est datée du XVe / XVIe siècle par les M. H. qui l’ont classée au titre d’objet depuis le 13/01/1966. La pièce a été restaurée en 1962 par les soins d’un sculpteur spécialisé M. Maimponte (signalé dans : Cahiers d’Études Ardennaises n°31 d’Octobre – Décembre 1962 - page 24)

                L’église de Semuy s’enrichit d’une belle console Louis XV qui servait de crédence pour y déposer les burettes, le calice avec le voile, le livre des Évangiles. Elle venait compléter la piscine conformément aux habitudes liturgiques d’une époque révolue.

 

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Statue en bois de saint Nicolas

 

 

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statue en pierre de saint Nicolas

 

 

                Les autels secondaires sont placés sous l’invocation de saint Sébastien au sud et de la sainte Vierge au nord.

 

La fête en l’honneur de saint Sébastien se célèbre le 20 janvier. Ce soldat, prétendu né à Narbonne, est enrôlé dans l’armée romaine par Dioclétien vers l’an 283. Sébastien rend courage aux soldats Marc et Marcellin qui étaient menacés de décapitation s’ils refusaient de sacrifier aux faux dieux. La furie de Dioclétien se retourne contre Sébastien qui se proclame chrétien et qui se voit menacé d’être criblé de flèches par ses propres soldats. Laissé alors pour mort, Sébastien est recueilli par Irène qui le cache et le guérit. Mais Dioclétien le retrouve, le fait assommer à coups de bâtons et le jette dans une fosse. Lucine, femme âgée et pieuse, le transporte dans le lieu appelé Catacombes et place son corps près de ceux des apôtres qui y reposent.

La légende raconte qu’une épidémie de peste aurait pris fin à Rome en 680 lorsque le peuple invoquât saint Sébastien. Le mal ravageur était représenté par une volée de flèches. Saint Sébastien est donc invoqué contre la peste ; l’iconographie le montre attaché à la colonne du supplice et criblé de flèches. Plusieurs versions existent sur son martyre.

La dédicace de l’autel en l’honneur de saint Sébastien a-t-elle un lien avec la maladrerie qui existait jadis à Semuy ? Les lépreux invoquaient habituellement saint Lazare ou saint Ėrige, mais parfois aussi saint Sébastien.

 

                Dans la chapelle méridionale, face à l’autel, sur le mur occidental est accroché un tableau peint. Lire sa description en tête d'article

                                             

                Le chemin de croix qui tapisse les murs de la nef est moderne mais de facture rustique. De format carré, il est l’œuvre du religieux franciscain, le R. P. Fieullien (1903 – 1976). L’artiste avait ouvert un atelier dans son prieuré de Regniowez. Un hommage lui a été rendu en 1993 par une belle exposition réalisée dans l’église de Semuy. Le tableau dans l’autel de la Sainte-Vierge est du R.P. Feullien.

 

                Dans son article paru dans l’Automobilisme Ardennais de mars – avril 1958, Henri Manceau signale que l’église vient de recevoir une nouvelle cloche. L’une avait pour parrain Mr Henriet et pour marraine Mme Georgette Petitpierre.

 

                Deux pierres tombales, en calcaire gris (pierre de Meuse), sont situées devant l’autel majeur.

A gauche est celle de Gilles Joseph de Mussan mort en 1748

A droite, celle d’Henri Louis de Mussan mort en 1777. Son épouse était Madame Elisabeth de L’ESPAGNOL.

Les révolutionnaires de 1793 ont gratté quelques mots ; ils ont laissé l’expression « Pensionné du Roy », supprimé le titre : « Seigneur de Semuy »  et ont martelé le mot : « Royal » dans la formule : « de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis ».

 

Dans l’église, sur une plaque de cuivre :

SOUS LA TOMBE CY A COTE

REPOSE, D’APRES LE VŒU UNANIME ET PRONONCE DES HABITANS DE CETTE

COMMUNE, LA DEPOUILLE MORTELLE DE DAME ANTOINETTE – CHARLOTTE

REMIETTE LESPAGNOL, DECEDEE LE 16 FEVRIER 1807, AGEE DE 62 ANS. EPOUSE DE

MR LOUIS-ADAM LESPAGNOL, PROPRIETAIRE DE SEMUY QUI LUI A FAIT ERIGER

CE FAIBLE MONUMENT DE SON ATTACHEMENT DE SA PROFONDE AFFLICTION

ET DE SA RECONNAISSANCE ENVERS LES PAROISSIENS DE CETTE PAROISSE

PRIEZ DIEU QUE SA MISERICORDE INFINIS LUI ACCORDE DE LA FELICITE

ETERNELLE EN RECOMPENSE DES VERTUS QU’ELLE A PRATIQUE TOUTTE SA VIE

RESQUIESCAT IN PACE

________________________________________

A LA MEMOIRE

DE MR PHILIBERT L’ESPAGNOL DE CHANTELOUP

MORT LE 31 DECEMBRE 1860

A L’AGE DE 81 ANS

ET DE MADAME EUGENIE DE CONDAMINE DE LESCURE

SON EPOUSE DECEDEE A PLOYART

LE 22 8BRE 1864

DANS SA 78 ÈME ANNEE

 

DE PROFUNDIS

________________________________________

Près du portail de l’église, sur une pierre de Givet l’épitaphe de J. B. Ernest Fromageot 1844 :

SUB HOC HUMILE LAPIDI

JACET

JOANNES BTA ERNESTUS

FROMAGEOT

PATRIS AFFLICTI AMANS

ET AMABILIS FILIUS

FRATRIS CARISSIMI

FIDELIS AB INFANTIA SOCIUS

AMICORUM MEMORIÆ ET

OMNIUM PIÆ CARITATI

COMMENDATUS

OBIIT ANNO DOMINI MDCCCXLIV

DIE SECUNDA FREBUARII

XXIX ANNOS NATUS

 

RESQUIESCAT IN PACE

 

Le Docteur Guelliot signalait dans son Dictionnaire de l’arrondissement de Vouziers : les tableaux d’un Christ entre deux chevaliers (sur bois), une Adoration des Mages (cuivre), un Christ au poteau, un martyre de saint Sébastien, une broderie ancienne avec au centre le crucifiement, un cadre avec des reliques nombreuses et un crucifix d’ivoire du XVIIIe siècle, tous disparus, à l’exception de ce dernier mis en lieu sécurisé.

JLC.

 



24/04/2014
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