Jean-Luc Collignon

Jean-Luc Collignon

Saint-Thierry et sa châsse

Une découverte qui crée l'événement

Origine de la découverte

 

En 2011, Mr Jean-Claude GHISLAIN, docteur en Histoire de l'Art et archéologie de l'Université de Liège effectue une visite touristique dans la région de Saint-Thierry (Marne). Accompagné de la gardienne des lieux, qui lui ouvre la porte, il admire la belle église romane Saint-Hilaire.

Dans un local jouxtant la nef, habituellement fermé au public, car cette pièce renferme des objets liturgiques qui ne servent plus au culte, il remarque, perché sur le haut d'une armoire, une sorte de bahut en bois recouvert de poussière.

L'œil avisé de l'expert reconnait immédiatement l'âme d'une vieille châsse-reliquaire et l'érudit sait l'attribuer d'emblée à saint Thierry, le disciple de l'illustre saint Remi de Reims. Thierry fonda l'abbaye du Mont d'Hor qui aujourd'hui porte son nom, tout comme le village.

De retour en Belgique, Mr GHISLAIN fait part de sa découverte à son ami, le Conservateur du Trésor de la cathédrale Saint-Lambert de Liège. Celui-ci projette depuis quelque temps d'organiser une exposition avec les reliquaires les plus prestigieux du pays.

Mr Philippe GEORGE, le Conservateur du Trésor, décide de saisir l'occasion de la célébration du 10e anniversaire de l'ouverture au public de l'Archéoforum de Liège, pour y présenter les belles pièces d'orfèvrerie.

Avec l'accord du maire de Saint-Thierry et de son conseil municipal, la châsse est transportée à Liège pour y recevoir d'abord un lifting, puis est installée, en bonne place, dans les locaux de l'Archéoforum où elle est admirée pendant le temps de l'exposition du 5 décembre 2013 au16 mars 2014. 

saint Thierry : le résumé de son histoire et de son culte

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Les Armes du monastère

  Sa vie

- Né à Auménancourt-le-Petit vers fin du Ve siècle (peu de temps avant règne de Clovis)

- son père : Maquard est un homme rustique (=brigand)

- nom de la mère inconnu

- baptisé sous le nom de Théodoricus (=Thierry)

- existe encore aujourd'hui la fontaine saint Thierry à Auménancourt : pèlerinage le 25 mars (pour la guérison des maladies des yeux)

- dénonce son mariage forcé grâce à Suzanne abbesse, et devient aumônier et secrétaire de saint Remi

- l’aigle blanc indique l’endroit pour bâtir le monastère sur le Mont d’Hor (au milieu d’une forêt de chênes)

- est premier abbé du monastère fondé en 500 et dédié à saint Barthélémy

- mort le 1er juillet 533

- ses obsèques célébrées en présence du roi Thierry, fils de Clovis, et de Nicet archevêque de Trèves, Hespérius évêque de Metz, Loup évêque de Soissons, sous la présidence de Romain, archevêque de Reims

- l’inhumation a lieu dans l’oratoire dédié à saint Barthélémy derrière l’autel

 

Ses miracles :

a) de son vivant 

                        - guérit le roi Thierry d’une ophtalmie en lui faisant le signe de croix sur son œil malade à l’aide d’huile consacrée

                        - guérit, à Metz, la fille du roi Thierry laissée pour morte

En récompense le roi donne Vandières à l’église de Reims et le domaine de Gaugias (Gaugiacum) à saint Thierry (actuel village de Gueux ??) ainsi qu’une tasse d’argent ou hanap qui était couvert de lames d’argent, sculpté et orné de feuillages et de fleurs. La tasse fut enlevée par les flamands en 1650

                       - fait détruire un lieu de prostitution de Reims avec l'aide de saint Remi (au lieudit sainte Anne commune de Saint-Thierry)

 

b) après sa mort

                    - fait jaillir une claire fontaine dans le bois du Pré et guérit un malade après lui être apparu

                     - retire de la main d’une pauvre femme nommée Gillaïde, (serve de Saint-Denis au village de Concevreux- 02- ou Mont-sur-Courville ?=Villa Cortis Superior), le manche du moulin qu’elle avait actionné un samedi après vêpres, alors que les chrétiens devaient cesser le travail

             - et de nombreux autres miracles décrits par Adalgise attribués aux saints Thierry, Théodulphe et Rigobert

                  - éloigne en 1099 le redoutable fléau qui s’abat sur le nord de la France (Flandre) et décime la population par un feu sacré dit peste ignée (arsure-érysipèle infectieux ?)

 

Ses reliques :

Aux moines du début, succédèrent des chanoines, puis sous l’archevêque Adalbéron, douze moines bénédictins, sous la conduite de l’abbé Ayrard, ils reprennent possession de l’abbaye. (Adalbéron né en 925 dans les Ardennes, nommé archevêque de Reims par le roi Lothaire ; épiscopat de 969 à sa mort en 989)

En avril 976 (le 13ème jour des calendes de may) Adalbéron relève les reliques de saint Thierry : le corps du bienheureux fut trouvé revêtu de soie magnifique, d’une étole entourée, de chaque côté, de longues franges d’or, et d’autres ornements non moins précieux.

Les reliques furent déposées dans une châsse d’argent lors de la cérémonie du 2 décembre 976 en présence du roi, de la reine, de la cour et des évêques voisins.

 

 

            1ère translation de ses reliques

Vers le milieu du XIe siècle, l’abbé Rimbaud fait transporter, châsse et reliques dans le chœur de la cathédrale de Laon (effraction nocturne de la châsse et tentative de vol d’une partie des reliques) pour apaiser un conflit.

 L’abbé Rimbaud, avec l’assentiment de l’archevêque Manassès, est contraint de faire refaire une nouvelle châsse (et une pour Théodulphe        )

 Les devants des deux châsses étaient enrichis d’or et d’argent, et les côtés couverts d’un riche drap d’or

La translation eut lieu le 19 avril 1071

 

            Translation contestée :

En 1078, la châsse aurait été transportée en l’église Saint-Médard de Soissons lors du concile réuni par l’archevêque de Reims (selon Dallier dans Mémoires tome III, page 308)

 

 

            2ème translation :

En 1090 Adèle ou Alix, reine du Danemark (épouse du roi Canut et sœur de Robert le Barbu, comte de Flandre) donne au monastère une partie de sa forêt qu’elle possède en Flandre à Herlebecq. Pour la circonstance l’abbé Raoul (successeur de Rimbaud) y apporte la châsse.

 

            Exposition des reliques :

En 1102, pour financer l’extension du sanctuaire, l’abbé Raoul fait circuler une châsse contenant quelques parcelles, assez considérables des vêtements et du suaire de saint Thierry, dans plusieurs communes du diocèse en vue d’augmenter les dons.

A cette occasion : guérison du nommé Tebaldus aux portes de l’église Saint-Pierre de Châlons-sur-Marne

En 1111 les habitants de Châlons-sur-Vesle réclament la châsse pour éloigner une épidémie de peste ; au passage à Chenay : guérison de la fille Létalde

 

 

            3ème translation : nouvelle châsse :

En février 1227, l’abbé Milon prépare son pèlerinage pour Rome et dédie 200 livres pour la fabrication d’une nouvelle châsse et 800 livres pour la construction d’une nouvelle église

La châsse n’est réalisée qu’en octobre 1233 : c’est une merveille d’art. Elle était d’argent doré, mesurait en longueur quatre pieds un pouce, un pied neuf pouces en largeur et deux pieds un pouce en hauteur. Sur les côtés étaient représentés les douze apôtres, assis ; à l’une des extrémités était le Sauveur bénissant de la main droite et tenant un globe dans la main gauche ; à l’autre extrémité, saint Thierry, revêtu de ses ornements sacerdotaux, ayant dans la main droite une crosse abbatiale, et dans la main gauche un livre appuyé sur la poitrine. Sur le couvercle de la châsse étaient peints les principaux événements de la vie du saint confesseur du Christ : 1° un aigle planant au-dessus d’un chêne, et indiquant à saint Thierry et à sainte Suzanne, l’emplacement du futur monastère du Mont d’Hor ; 2° la guérison du roi Thierry de Metz ; 3° la résurrection de la fille du roi d’Austrasie ; 4° la mort de saint Thierry ; 5° ses funérailles ; 6° sa sépulture.

Autour du piédestal se lisait cette inscription : Istud vas factum est anno mellesimo ducentesimo tertio, mense octobri.

Au-dessous de cette inscription se trouvaient des vers latins que l’on peut traduire par :

« Ce que Milon a commencé, Gérard l’a spontanément achevé, célébrant à grands frais les solennités (de la translation) après la mort de Milon, le cinquième jour qui suit la saint Luc. La translation de saint Thierry (dans la présente châsse) a été la louange d’Henri.

Il s’agit d’Henri de Braine, archevêque de Reims.

L’artiste qui a construit la châsse a tenu à y apposer sa signature : Maistre Werric d'Anneau me fit ;

 

La cérémonie de translation eut lieu le dimanche qui suit la saint Luc (10, des calendes de novembre 1233). Elle se fit avec le consentement de l’archevêque de Reims, Henri de Braisne, en présence des évêques suffragants : Adam de Senlis, Gautier de Tournai, Jacques de Soissons, Philippe de Châlons, Milon de Beauvais et Geoffroy de Cambrai. Gérard étant abbé (le 22ème) après Milon décédé.

 

Henri de Braine adresse une lettre à ses diocésains pour accorder des indulgences à tous ceux qui viendraient faire le pèlerinage à Saint-Thierry.

 

C’est à la suite de cette cérémonie que les armes du monastère s’affichèrent avec six crosses adossées sur un écusson de gueule, ayant un chêne de sinople, sommé d’un aigle éployé, qui représente l’origine du monastère.

 

Pendant 200 ans les religieux de Saint-Denis feront venir chaque année la châsse de saint Thierry dans leur abbaye.

En 1443 l’abbé Aimeric de Hodequé fait construire, derrière l’autel de l’église de l’abbaye, une magnifique exedra destinée à recevoir les châsses de Thierry et de Théodulphe

 

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La châsse reproduite par dom Cotron dans son Chronicon

(archives Reims ms 1601)

Gravure d’après l’abbé Francart (Photo : JL. Legay)

 

Le 26 juin 1628 l’abbaye s’unit à la congrégation de Saint-Maur et les religieux commencent la rédaction du "Livre" où sont consignés tous les évènements.

 

A la mort de l’abbé Gérard de Commelas, en 1630, l’abbé commendataire Paul Bailly utilise le produit de la vente du mobilier de son prédécesseur pour la réfection de la fierté de saint Thierry qui était en mauvais état, en mauvais ordre, le bois demi-pourri par son antiquité. Le travail de réfection fut confié aux orfèvres de Reims et coûta plus de 600 livres.

 

 

            4ème translation :

 

 La cérémonie eut lieu le dimanche 13 juin 1632 en présence d’Anne d’Autriche, sous la présidence d’Henry Clausse, évêque de Châlons et dans un décor de splendeur ; on procéda en même temps à une nouvelle translation des reliques de saint Théodulphe dont la châsse avait été refaite deux ans auparavant pour la somme de 1200 livres et financée par Gérard :

  Près des degrés du grand autel, avait été élevé un échafaud de la hauteur de trois pieds, sur lequel furent placées les deux vieilles châsses contenant encore les saintes reliques ; tout près avaient été disposées les deux nouvelles châsses. Du côté de l’épître, un oratoire avait été préparé pour la Reine.

 

Pour la remercier de sa présence, Paul Bailly, lui donna quelques portions de saintes reliques.

 

 L’abbé Francart, desservant de Chenay, décrit, en 1828, la nouvelle châsse de saint Thierry :

 

            " elle était composée d’un bois de chêne rare et choisi. La forme extérieure était celle d’un cercueil. Elle était entièrement couverte d’une feuille de cuivre doré. Les deux côtés présentaient les brillantes images des saints apôtres. Les autres parties et le dôme étaient chargés d’ornements divers en or, en argent et en pierreries. Elle était appuyée sur quatre pieds de cuivre doré et de figures d’animaux. Son poids était très considérable ; elle était construite pour durer plusieurs siècles.

 

L’intérieur était peint d’une couleur verte. Les reliques du saint abbé, c’est-à-dire ses cendres et ses ossements, étaient enveloppés dans deux linceuls ou suaires de toile blanche, avec un sceau qui en attestait l’authenticité. Un troisième linceul de soie rouge couvrait les deux premiers.

 

Près des reliques était une boîte de plomb. La longueur de cette boîte est d’environ dix pouces, et sa largeur est d’environ six pouces. Elle a plus de quinze lignes d’épaisseur.

 

D’un côté on lit à l’extérieur : « Corpus Sancti Theodorici translatum fuit die decimo tertio mensis Junii anno salutis 1632, prœsentibus Anna d’Autriche, Ludovici decimi tertii Francorum et Navarrœ regis uxore, et Paulo Bailly hujus monesterii abbate »

 

 en français : « Le corps de saint Thierry a été transféré, le treizième jour du mois de juin de l’an du salut 1632, en présence d’Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, roi de France et de Navarre, et de Paul Bailly abbé de ce monastère »

 

            De l’autre côté, on voit un écusson avec une mître, une crosse, deux glands de chêne, une croix, un arbre et deux branches de palmier en sautoir.

 

Dans l’intérieur était une boîte dans laquelle étaient renfermés l’acte de cérémonie, et un second sceau pareil au premier, avec les mémoires des translations précédentes. Cette boîte contenait aussi un exemplaire de la vie de Notre saint, écrite par Paul Bailly"

 

 

 

L’abbé Dieudonné ajoute en 1909 dans son ouvrage : "Les reliques de Saint Thierry et de Saint Théodulphe" :

 

            "Ces détails sont particulièrement intéressants. Il est vraiment regrettable que l’abbé Francart n’ait pas indiqué les sources où il les a puisés…Pour nous, nous n’avons trouvé aucun de ces détails, ni dans le « Chronicon », ni dans l’histoire du monastère, du P. Cotron, ni dans le « Livre Manuscrit » dont nous avons parlé. Cette absence de détails est d’autant plus inexplicable qu’ils abondent, en ces manuscrits, touchant les moindres événements. Faisons cependant une remarque qui a son importance. Le lecteur pourrait s’imaginer, par les détails donnés dans le livre de l’abbé Francart, qu’il s’agit dans la cérémonie du 13 juin 1632, d’une translation du corps de saint Thierry dans une châsse nouvelle. Or, nous l’avons vu, le père Cotron et le « Livre Manuscrit » sont d’accord pour dire qu’il y eut seulement réfection de la fierté de saint Thierry dont le bois était à demi pourri.

 

            Les religieux se sont contentés, vraisemblablement, de faire une châsse en bois de chêne, d’après le modèle de l’ancienne châsse, et de réappliquer, sur cette châsse en bois, les ornements extérieurs, d’or et de cuivre, que le temps n’avait pu endommager. Nous sommes certainement autorisés à faire cette hypothèse, puisque la description de la châsse, donnée par l’abbé Francart, concorde avec celle que nous avons donnée de la châsse construite par l’abbé Gérard"

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 La châsse lors de son départ pour Liège

         « Il est plus que probable que la châsse remisée dans la sacristie de l’église de Saint-Thierry (photo ci-dessus) soit la châsse de 1632 qui avec ses quatorze colonnes ressemble à celle de la gravure ci-dessus ». (JL. Legay)

Sous la gravure reproduite par l’abbé Francart (voir au-dessus), J L. Legay rapporte une annotation dont la signature de l’auteur est illisible :

« Dessin de la châsse de Saint Thierry de 1233, réparée en 1633 et privée de ses pierreries et émaux en 1793. Vous avez l’armature en bois à Saint-Thierry. »

 

En 1649 les châsses des saints Thierry et Théodulphe sont mises en sécurité à Saint-Remi de Reims. En 1650 les Espagnols pillent l’abbaye et emportent le hanap.

Le 18 mai 1655 les châsses rejoignent l’abbaye au cours d’une cérémonie avec procession.

Le 30 septembre 1655 les châsses regagnent à nouveau Saint-Remi.

Elles retrouvent définitivement l’abbaye 5 ans plus tard (1660).

 

Le monastère est supprimé par une bulle papale de Pie VI datée du 31 juillet 1776.

Démolition de l’abbaye en 1777 et 1778.

La châsse de Saint-Thierry reste en l’église Saint-Hilaire suite à une supplique des paroissiens (translation le 28 septembre 1777)

 

Pendant la Révolution le reliquaire fut spolié et ouvert ; les ossements furent mis à découvert, quelques-uns des plus petits furent distraits pour être mis en sécurité. Le buste du chef de saint Théodulphe fut replacé dans la châsse de saint Thierry ; elle fut refermée, mais privée de tous ses ornements.

            « Cette châsse était pitoyable à voir, ayant été dégarnie, au dehors de ses ornements et n’offrant plus que la forme nue d’un simple cercueil » (lettre du maire Henry Lepointe)

 

 

            5ème translation :

L’argent manquant, on dut se contenter d’une châsse unique qui coûta 338 francs et la translation eut lieu le 14 mars 1827. Du corps de saint Thierry, il ne restait qu’une grande quantité de cendres produites par les chairs desséchées et par beaucoup de petits os pulvérisés…puis un certain nombre de gros et petits ossements très sains et très entiers (fémur droit et tibia gauche) et la tête entière de saint Théodulphe avec l’inscription latine : Sacrum caput St Theodulphi, abbatis. A côté se trouvait une boîte de plomb avec les mémoires des premières translations de Thierry, l’acte latin de 1632 , l’acte français du chef de Théodulphe de 1657.

La translation officielle eut lieu le 31 juillet 1827 avec l’autorisation de Mgr le Cardinal de Latil, archevêque de Reims et à l’initiative de l’abbé Francart, curé de Chenay.

Voici l’ordre dans lequel furent disposées les reliques : « Les cendres du corps de saint Thierry furent enfermées dans une urne de cuivre, portant, sur le couvercle, l’inscription suivante : Hâc in urnâ inclusi fuere et quiescunt, beatam Resurrectionem expectantes, veri et venerandi cineres sancti Theodorici, presbyteri, et monasterii monte Hor primi abbatis, anno salutis 1827. En cette urne ont été enfermées, en l’an du salut 1827, et reposent, en attendant la bienheureuse Résurrection, les véritables et vénérables cendres de saint Thierry, prêtre et premier abbé du monastère du Mont d’Hor. 

Au-dessus de cette urne furent suspendus les ossements du saint abbé, liés ensemble par des cordons de soie rouge, et enveloppés d’un double linceul de toile blanche et de soie rouge, sur lequel avait été fixée cette inscription : Sacra pignora sancti Theoderici. Le chef de saint Théodulphe, également enveloppé d’un premier suaire de toile et d’un autre de soie violette, sur lequel étaient inscrits ces mots :Sacrum caput sancti Theodulphi, abbatis, fut placé à l’intérieur, en face de l’effigie extérieure du même saint. Dans la boîte de plomb, on inséra le procès-verbal rédigé en français et en latin de la cérémonie, ainsi que l’ordonnance d’authenticité de Mgr de Latil, ces documents vinrent rejoindre les relations des anciennes translations.

La châsse fut définitivement fermée et scellée de trois sceaux en cire, aux armes du cardinal.

La vieille châsse qui, pendant près de deux cents ans, avait abrité le précieux trésor des saintes reliques, et que les profanateurs avaient dépouillé de tous ses ornements, fut placée, conformément à l’ordonnance de Mgr de Latil, sous la table de l’autel dédié à saint Hilaire.

 

Vers 1880, un nouvel examen de la châsse fut fait sur ordre de Mgr le Cardinal Langénieux. Un procès-verbal de constatation des reliques y fut ajouté.

 

 

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Selon J.L.Legay, il n’existerait aucune gravure de cette châsse de 1827, il précise que l’église possède actuellement deux boîtes vides, l’une à droite de l’entrée, l’autre sur une armoire de la sacristie.

Selon les historiens locaux il s’agirait de boîtes de transport utilisées lors des processions.

On y retrouve des éléments de décor cité précédemment.

 

Voici celle de l’entrée. (communication et photos : J.L. Legay)